Croire ça change tout

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau... (Archives La Presse)

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

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Cette chronique, je finirai bien par la regretter.

Mais bon, je vais vous faire une grosse confession chers lecteurs et chères lectrices... Vous savez, la lune de miel concernant notre nouveau premier ministre Justin Trudeau? Eh ben, je la vis à fond.

Évidemment, vous me direz que c'est un symptôme récurrent chez bien des électeurs lorsqu'on change le boss en haut, mais cette fois-ci, j'ai envie de croire qu'il se passe vraiment quelque chose.

Il faut savoir qu'au cours des dix dernières années, c'est un peu comme si le pays avait été progressivement plongé dans l'obscurité, comme ces soirées chaudes d'été où la nuit tombe doucement sans même que l'on s'en rende compte.

D'ailleurs, l'obscurité, c'est pas mal la seule chose qui a progressé sous le règne des conservateurs.

Je serai bien franc avec vous. Depuis que j'ai l'âge de voter, c'est bien la première fois en 17 ans que l'arrivée d'un nouveau chef d'État me fait espérer qu'on n'a pas seulement changé le bonhomme dans le costume.

Et puis, bien que je sache que le cynisme finira bien par me rattraper à un moment ou à un autre, il n'aura suffi que de quelques heures sous le règne de Justin pour constater que le changement n'est souvent qu'une question de volonté. Je pense ici notamment à l'arrêt des frappes aériennes en Syrie et en Irak ou la réforme du scrutin électoral qui se profilent à l'horizon.

Mais au-delà des enjeux politiques, il y a aussi l'ouverture. En effet, il y a décidément quelque chose de grisant à entendre un nouveau chef d'État inviter les autres partis à travailler avec lui, plutôt que d'alimenter perpétuellement des conflits uniquement motivés par des ambitions électorales.

Maintenant, si l'on se projette dans un avenir rapproché, on est donc en droit d'espérer qu'un tel vent de changement pourrait se reproduire à l'échelle régionale aux prochaines élections municipales.

Parce que vite comme ça, on pourrait dire que Jean Tremblay et Stephen Harper ont certaines ressemblances, bien que l'un soit de glace et l'autre, d'émotions. On n'a qu'à penser à leur façon très exclusive de gouverner et cette façon de faire face aux opposants.

Je vous le dis, chers lecteurs et chères lectrices, c'est la fin d'une époque. Et nous en aurons pour un bon moment avant de tout réparer. Il faudra parfois même reconstruire, comme notre politique extérieure.

Bien entendu, il faudrait être d'une candeur extraordinaire pour penser que tout deviendra parfait comme par magie. Et surtout, il faudra rester bien à l'affût. On n'a qu'à penser aux relations occultes que semble entretenir l'équipe Trudeau avec l'industrie pétrolière pour se rappeler que personne ici bas n'est blanc comme neige.

Or, malgré tout ça, j'ai envie d'y croire. J'ai envie de croire que les choses peuvent changer. J'ai envie de croire qu'en tant que citoyens, nous avons encore un mot à dire. J'ai envie de croire qu'il est parfois possible de faire passer l'humanité avant l'économie. J'ai envie de croire à de meilleurs lendemains.

J'ai aussi envie de croire à une nouvelle grande ville où tous les citoyens seront considérés d'abord et où tous les talents seront mis à contribution.

Je sais que je regretterai un jour ou l'autre de m'être laissé duper par un magnifique show de boucane, mais au moins, pour une fois, j'aurai essayé de croire.

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