La nouvelle coqueluche canadienne

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«Nul doute, notre nouveau premier ministre rend fous nos voisins du Sud», estime notre chroniqueuse.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

«Mes copines et moi allons déménager au Canada!»
«C'est votre premier ministre? J'émigre tout de suite au Canada.»
«Félicitations au Canada pour l'élection du premier premier ministre mangeable»
«Vous nous avez envoyé le mauvais Justin. Ce n'est pas Justin Bieber qu'on voulait, mais plutôt Justin Trudeau!»

Ces phrases, elles ont été dites par des Américains, et des Américaines, au lendemain de l'élection fédérale de lundi soir. Nul doute, notre nouveau premier ministre rend fous nos voisins du Sud. Et ce ne sont pas les seuls. Alors que les Américains ont rebaptisé Justin Trudeau le Kennedy canadien, les Européens, eux, comparent maintenant le couple Trudeau-Grégoire au premier couple royal du Canada.

Son élection a même provoqué la création d'un nouvel acronyme sur les médias sociaux. «P.I.L.F», qui ne signifie rien de moins que «Politician I'd Like to Fuck» (ou en français: le politicien avec qui j'aimerais coucher). Sur la toile, la Trudeaumania en est presque devenue indécente! Mais bon, quelques-unes de ces remarques, publiées en majorité sur Internet, m'ont tout de même fait sourire.

Il faut l'admettre, Justin Trudeau est un fort joli garçon. Oui, c'est vrai, ce n'est pas le plus laid des politiciens. Ce qui m'a toutefois choquée, cette semaine, c'est d'entendre certaines personnes attribuer la victoire du fils de Pierre Elliott Trudeau à sa beauté.

«Les femmes ont voté pour lui parce qu'elles le trouvent sexy», m'ont dit quelques messieurs. Jalousie? Peut-être. Et c'est fort dommage de croire que les femmes donneraient leur vote au plus beau des candidats. C'est comme si on attribuait la victoire de Mélanie Joly à son joli minois. SVP, ne me faites pas croire que les électeurs et les électrices qui prennent la peine de se déplacer aux urnes le font dans l'espoir d'élire un premier ministre «mangeable».

Une photo de Justin Trudeau, prise dans le... (Archives La Presse) - image 2.0

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Une photo de Justin Trudeau, prise dans le cadre du combat caritatif qu'il a remporté au printemps 2012 contre Patrick Brazeau.

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L'effet du pouvoir

Le pouvoir ferait-il tant d'effet aux dames? Personnellement, la beauté de Justin Trudeau me laissait indifférente jusqu'à son élection. C'est d'ailleurs un collègue qui m'a fait remarquer mon béguin soudain pour le beau Justin. Je l'avoue légèrement honteuse, je le trouve mignon. Surtout depuis qu'il est premier ministre... N'oubliez pas que les femmes courraient derrière son père partout où il passait en hurlant. Une vraie rock star. Ça doit être de famille.

Mais bien que j'ai un petit faible pour les beaux bruns, je finis souvent par me ranger derrière les perdants. J'ignore pourquoi, mais j'ai toujours eu un penchant pour les losers, comme aime me taquiner l'un de mes chers collègues.

«Tu es trop humaine, Pat, tu as toujours pitié des losers!», qu'il me dit, régulièrement. Et il a bien raison. Laissant de côté mes allégeances politiques, j'ai eu toute la misère du monde à écouter le discours de Thomas Mulcair après le revers des néo-démocrates, lundi. J'ai été émue par l'allocution de Stephen Harper. J'ai été triste pour Gilles Duceppe.

Pendant ce temps, je couvrais la défaite d'un candidat régional qui a bien cru pouvoir gagner lorsqu'il avait quelques dizaines de voix d'avance sur sa plus proche rivale. L'homme, stressé, s'est retiré seul à l'extérieur un moment, n'en pouvant plus de l'attente intenable. «C'est fait, j'ai perdu?», m'a-t-il demandé, lorsque je suis sortie le rejoindre pour réaliser l'entrevue. «Je pense bien que oui», lui ai-je répondu.

La politique, cette jungle impitoyable, peut parfois (souvent) être cruelle. Et pendant qu'untel devient la nouvelle coqueluche canadienne, d'autres doivent faire le deuil d'un rêve ou d'une carrière. Nul doute, il faut vraiment être fait solide pour faire le grand saut.

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