Attention à la captivité

Les ratons laveurs, trouvés blessés ou malades, requièrent... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mélissa Viau)

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Les ratons laveurs, trouvés blessés ou malades, requièrent parfois l'intervention humaine et, n'étant pas assez autonomes pour reprendre leur liberté, ils se retrouveront dans des refuges.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

Peu importe la raison, à la suite d'une intervention humaine, certains animaux sauvages ne pourront jamais regagner leur liberté. Blessés ou imprégnés, il faut alors les placer dans un zoo, un refuge ou un centre adapté pour eux. Confinés à un trop petit enclos, ou pas assez stimulés mentalement, certains développeront des comportements répétitifs associés à l'ennui ou au stress.

Peut-être avez-vous déjà vu un tigre, dans un zoo, faisant les cent pas de long en large dans son enclos? Les chevaux gardés en stalles sont aussi sujets à développer des manies comme le tic de l'ours ou le rot. C'est une façon pour eux de s'apaiser, un peu comme l'humain qui se ronge les ongles.

Pour régler ces troubles de comportement, sachant qu'un animal sauvage passe le plus clair de sa journée à chercher sa nourriture, les entraîneurs utiliseront ce qu'on appelle des enrichissements. Usant d'imagination, ces spécialistes en comportement animal inventeront toutes sortes de trucs pour stimuler leurs sujets et les inciter à travailler pour se nourrir. Cacher de la nourriture en hauteur ou dans des boîtes est l'une des stratégies utilisées. Ces mêmes entraîneurs montent aussi des programmes d'entraînement pour faciliter la manipulation des bêtes sauvages. Ils leur apprennent, par exemple, à entrer volontairement dans une cage ou à tenir la pause dans un lieu précis. Avec la collaboration volontaire de l'animal, cette tactique permet à l'humain d'accéder, en toute sécurité, à l'animal lors d'une intervention biomédicale.

À la recherche de la rareté, certaines personnes seront aussi tentées d'obtenir un permis afin de sauver un pauvre renard provenant, par exemple, d'un élevage à fourrure. Pour se rapprocher des animaux sauvages, d'autres apprivoiseront illégalement un charmant bébé raton laveur égaré. Mais sachez que ces animaux ne seront jamais des animaux domestiques. Leur instinct n'a rien à voir avec celui du chien ou du chat. Dans la maison, ils risquent de vous donner du fil à retordre, en plus d'être malheureux. Mieux vaut les installer dans un endroit qui représentera le plus fidèlement possible leur vie sauvage.

Des comportements à connaître

Dans les années 80, quand on ouvrait un livre sur le comportement animal, on parlait de soumission et de domination. Ces termes ne font désormais plus partie du vocabulaire scientifique. C'est une très maladroite façon de décrire un animal puisque chaque personne a une perception différente de ces termes. D'où l'importance de ne pas rester ancré dans ses vieilles croyances et de mettre à jour ses connaissances.

Faites le test! Demandez à vos proches de vous donner un synonyme d'agressif, de dominant et de soumission et chacun aura des réponses différentes. Ces termes manquent de précision en plus de véhiculer de fausses idées. Le chien qui présente des comportements de soumission n'est pas soumis dans toutes les situations et un chien qui grogne après la visite ne fait pas preuve de dominance, et encore moins d'agressivité, mais plutôt de peur. De plus, pour décrire nos animaux, on utilise souvent des termes qui s'apparentent aux humains. C'est ce qu'on appelle de l'anthropomorphisme. Les chiens ne se vengent pas, ils cherchent à s'occuper. Ils ne sont pas jaloux ni possessifs non plus. Ils tentent simplement de s'adapter.

Dans la plupart des situations de morsure, le chien a réagi par peur. «Mon chien est gentil», vous crie un humain dans la forêt alors que vous sursautez en faisant un face à face avec son imposant chien en liberté qui se précipite sur vous. Si vous réagissez par réflexe de défense, et que le chien interprète votre réaction comme une menace, gentil pas gentil, il risque lui aussi d'avoir peur. Dans d'autres cas de morsure, on parlera de prédation, qui est une séquence comportementale qui mène à tuer. Un chien peut être très gentil dans la maison, mais quand il voit un chat, un autre chien ou un enfant courir, il peut entrer en mode prédation. Évidemment, il ne deviendra pas systématiquement un tueur. Il peut aussi grogner lorsqu'il se retrouve en présence de nourriture ou de jouets. Mais quand ces éléments déclencheurs disparaissent, il redevient doux et amical.

Ces comportements ne doivent pas être pris à la légère ou renforcés parce qu'on trouve ça drôle, car l'animal peut devenir très bon. Si un teckel grogne quand on approche de son divan, il faudrait avoir la même réaction que si c'était un saint-bernard. Il ne faut jamais laisser un animal sombrer dans un comportement indésirable en pensant qu'il trouvera une solution. C'est à nous, les humains, d'user de notre intelligence pour trouver une solution afin de guider nos animaux vers les comportements souhaités.

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