Bye bye Denis!

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Contrairement aux autres candidats, Denis Lebel n'a pas visité le chroniqueur Joël Martel.

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Ça commence donc par un truc que tu lances un peu à la blague dans une chronique du dimanche et dans les jours suivants, voilà que des candidats de ta circonscription viennent faire un tour chez toi.

Évidemment, tu n'aurais jamais cru que ta démarche aurait droit à une aussi bonne réception et, au fil des jours et des candidats qui passent te voir à la maison, tu finis par te dire que tu auras droit à au moins un « coucou » de la part de tout le monde.

Le truc, c'est que chaque jour, le journal publie une nouvelle chronique où tu prends le temps d'expliquer le concept de ton projet plutôt inusité. Du coup, tu te dis que c'est pratiquement impossible qu'un candidat de ta circonscription n'en ait pas entendu parler.

Et puis hop, les jours passent et tu déduis que finalement, ce n'était pas tout le monde qui voulait jouer à ton petit jeu. Mais à quoi bon leur en vouloir? D'un côté, tu as le candidat du Parti libéral pour qui les sondages ne laissent rien présager de bon, et puis de l'autre côté, tu as Denis Lebel.

Eh ben, j'ai des petites nouvelles pour vous, chers candidats qui n'avaient pas envie de jouer : vous avez perdu vos élections. Du moins, en ce qui me concerne.

Et pourquoi? Parce que ça aurait été la moindre des choses de m'envoyer un simple petit courriel de courtoisie. Vous m'auriez dit que vous ne pouviez pas venir parce que vous aviez une assemblée sur la Lune, et j'aurais bien voulu vous croire.

Je vous dis ça parce que dans un tel cas, vous m'auriez déjoué. Mais vous êtes tellement prévisibles. Et là, je m'adresse particulièrement à Denis Lebel.

En effet, je ne compte plus le nombre de gens qui m'ont dit cette semaine : « Je ne pense pas que Denis Lebel va prendre le temps d'aller te voir. » Évidemment, c'était la théorie en vogue, car tout le monde présume qu'un type qui est ministre n'a pas le temps d'aller à la rencontre d'un gars typique de la gogauche. Et pourtant, est-ce que c'est si gogauche que ça de se préoccuper de l'avenir de son pays? De la façon dont est perçu ce même pays à l'international? De craindre que son pays soit en plein dérapage paranoïaque au point de voter des lois afin de surveiller tout un chacun? De s'inquiéter pour les centaines de gens dans la région qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts à cause de la réforme de l'assurance-emploi? De souhaiter qu'on ait encore une planète sur laquelle habiter sans avoir à porter un masque à oxygène pour sortir dehors?

Parce qu'il ressemble à ça, le pays dans lequel nous vivons actuellement. Une chambre d'ado a plus de noblesse que ça.

Maintenant, si c'est ça que vous désirez, continuer à vivre dans un pays gouverné par un type qui n'est pas foutu d'accorder une entrevue aux journalistes d'ICI Radio-Canada et qui préfère vous « bullshiter » à l'émission d'Éric Salvail qu'il aime Harmonium, faites-le. C'est votre droit. Mais je vous en prie, n'allez surtout pas me lancer qu'il nous faut au moins un ministre dans la région. Sauf votre respect, c'est un argument complètement idiot.

On aurait beau avoir le costume du Bonhomme Carnaval 300 jours par année ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ça n'amènerait pas pour autant le Carnaval de Québec ici.

Parlez-en aux travailleurs forestiers, aux employés de Radio-Canada qui ont perdu leur boulot et à tous ceux et celles qui oeuvrent dans le milieu communautaire et ils vous le diront : un ministre dans la région, c'est aussi pratique que d'avoir des lumières en néon sur un char monté. Certes, ça fait un bon show de temps en temps, mais tu ne comptes par sur ça pour mieux conduire.

Tout ça, c'est bien dommage, parce que si l'ami Lebel avait daigné me faire part d'un simple courriel de courtoisie, je me serais dit : « Ok, je vais faire mon bon chien comme les conservateurs les aiment et je vais me la fermer. » Mais bon, vous avez préféré vous dire : « Qu'est-ce qu'on en a à cirer de ce chroniqueur du dimanche? »

Eh ben tant pis mon pote. Mais je vous souhaite quand même une belle retraite.

Et sinon, je vous promets qu'aux prochaines élections, vous me supplierez de vous accueillir à la maison. Et j'espère que vous daignerez au moins payer le café. Ça ferait enfin quelque chose que vous aurez donné à la région.

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