Une bonne femme colleuse

Marcel Aubut a quitté son poste à la... (Archives PC)

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Marcel Aubut a quitté son poste à la tête du Comité olympique canadien.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

«Est-ce que ma main te dérange? Je ne veux pas qu'on m'accuse de faire du Marcel Aubut.»

C'est ce que m'a dit un homme dans la soixantaine, qui venait de déposer sa main dans le bas de mon dos. Il n'y avait rien de sexuel, c'était amical. Mais en faisant le geste, il a eu une soudaine peur de représailles. Évidemment j'ai éclaté de rire. Je ne me suis pas sentie envahie ou agressée.

Toute la communauté doit se réjouir des séries de dénonciations envers des hommes qui méritent d'être remis à leur place. Les agressions sexuelles font encore partie des crimes les moins dénoncés.

Mais je sens une nervosité chez les hommes d'un certain âge qui ont une façon bien à eux de complimenter et d'interagir avec la gent féminine. Comme s'ils avaient peur d'insulter une femme en lui lançant une blague de «bonshommes» ou en la touchant un peu.

Je vous le dis d'emblée. Moi, j'aime les bonshommes. J'en suis moi-même une dans l'âme ou plutôt une «bonne femme». Pour moi, ce sont des gens ricaneux, taquins, qui ne se gênent pas pour complimenter ou aborder les femmes. Parfois de façon maladroite, mais toujours de façon charmante.

Vous voulez un exemple? L'autre jour, j'étais avec un groupe d'agriculteurs. Un des plus âgés du groupe lance devant tout le monde qu'il a besoin de nouvelles lunettes. «Mais je vois encore assez clair quand il y a des belles filles», avait-il ajouté. Je trouvais ça mignon. Pas déplacé ou gênant, et ce, même si c'était dans un contexte de travail.

«Vous êtes ben fin», que je lui ai dit.

Quelques minutes plus tard, je flattais le dos d'un autre producteur, qui était ému par le sujet qui nous réunissait cette journée-là. Il aurait bien pu m'accuser d'entrer dans sa bulle. Parce que comme certains bonshommes, j'ai le compliment facile envers les gars. Je ne me gêne de leur dire qu'ils sont beaux et même de les toucher. À des endroits appropriés, bien sûr. Mais j'espère qu'on ne me reproche pas de les envahir. Il existe peut-être une alerte Laura dans nos bureaux.

Chez mon mécanicien cette semaine, j'étais assise dans le bureau du propriétaire. Tellement gentil, il m'a accommodée pour que je puisse travailler pendant mon changement de pneus. En sortant de la pièce, il me lance «la seule chose qui a été difficile c'était d'empêcher les gars de rentrer. Ils voulaient tous aller s'asseoir avoir toi», en pointant un homme plus âgé dans la salle d'attente. Mignon, non?

Bon, je suis loin d'avoir été accueillie par un bonhomme en boxer dans son bureau. Mais j'espère que l'affaire Aubut ne freinera pas ces hommes qui ont leur façon bien à eux de dire à une femme qu'elle est jolie. Parce que c'est un peu grâce à eux si les compliments existent encore.

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