Le bon côté des choses

Marcel Aubut a annoncé son départ lors d'une... (Archives La Presse)

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Marcel Aubut a annoncé son départ lors d'une conférence de presse courue.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Les hommes n'osent plus faire de compliments aux dames. Ils craignent maintenant de passer une remarque sur leur apparence ou leur habillement. Ils retiennent leur flatterie. Ils y pensent à deux fois avant de lancer une bonne blague salace.

Nul doute, l'affaire Marcel Aubut en a refroidi plus d'un.

S'ils n'osent plus complimenter la gent féminine, c'est qu'ils craignent que leurs commentaires soient mal interprétés. Et c'est une bonne chose.

J'en ai parlé plus d'une fois dans cette page. Certains hommes maîtrisent parfaitement l'art des remarques déplacées. Ils ne réfléchissent pas à l'impact que peuvent avoir leurs commentaires. Et certains n'hésitent malheureusement pas à laisser leurs mains se balader un peu trop loin.

Loin de moi l'idée de généraliser. Je sais très bien que la majorité des messieurs sont des gentlemen.

«Je vais faire attention à ce que je dis, avec toute cette histoire de Marcel Aubut», m'a avoué une personnalité connue, cette semaine, en pleine entrevue. Eh bien, ce cher M. Aubut peut être fier d'une chose. S'il a fait comprendre aux messieurs que tout ce qui leur passe par la tête n'est pas toujours bon à dire, je le remercie. Dommage, tout de même, que de tels événements doivent se produire pour qu'une réflexion collective soit amorcée.

Qu'on le veuille ou non, en 2015, on ne peut plus dire ce qu'on veut à qui on veut. Et c'est tant mieux. Même les femmes devraient parfois réfléchir avant d'ouvrir la bouche. Peut-être se sent-on à l'abri, croyant dur comme fer que nous, les femmes, sommes exclusivement victimes de harcèlement sexuel. Mais c'est faux. Il y en a, des dames qui n'ont aucune retenue.

La semaine dernière, alors que je réalisais une entrevue avec l'homme fort Hugo Girard, un petit quelque chose me trottait dans la tête. J'ai bien failli lui demander si je ne pouvais pas toucher à ses biceps. C'est pas mal plus drôle lorsque ce genre de demande vient d'une femme, non? Pourtant, ça ne devrait pas être plus acceptable seulement parce que la remarque vient d'une fille. Et, évidemment, je le savais très bien que si un journaliste mâle demandait à une athlète de toucher ses muscles, on crierait au sexiste et au harcèlement. Et on aurait bien raison.

Alors non, je n'ai pas demandé à Hugo Girard si je pouvais toucher ses bras d'acier. Parce que ça ne se fait pas. Qu'on y songe, c'est une chose, mais qu'on passe à l'action, c'en est une autre. Nos pensées nous appartiennent et ne font de mal à personne. Mais on n'est pas obligé de les faire subir aux autres. Alors j'ai fermé ma boîte. Et j'ai continué mon entrevue de façon professionnelle et respectueuse.

Et les compliments dans tout ça?

Mais attention. Les flatteries ne sont tout de même pas devenues le pire ennemi des messieurs. Il y a une sacrée différence entre dire à une femme que sa robe lui va à ravir et lui chuchoter qu'il aimerait bien la lui enlever. Et, je suis bien désolée de l'avouer, si un homme ne peut pas faire la différence entre ses deux «compliments», il devrait se garder une petite gêne et avoir une pensée pour Marcel Aubut.

Parce qu'en cas de doute, mieux vaut s'abstenir.

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