Le réconfort du Bloc

Le candidat du Bloc québécois dans Lac-Saint-Jean, Sabin... (Archives Le Quotidien)

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Le candidat du Bloc québécois dans Lac-Saint-Jean, Sabin Gaudreault.

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Je vais vous avouer un petit truc.
Dimanche dernier, lorsque j'ai invité les candidats de ma circonscription à venir boire un café à la maison, je me disais que dans le meilleur des scénarios optimistes, quelques candidats prendraient la peine de m'écrire un courriel poli tout en justifiant par une panoplie de bonnes raisons leur impossibilité de se prêter à un tel exercice. Mais, comme c'est l'habitude dans ma vie de tous les jours, j'avais tout faux.

Voilà donc que quelques heures après la visite des Rhinos, je recevais un appel en provenance du Bloc québécois: «Monsieur Martel, je vous téléphone afin de donner suite à votre agréable invitation. Nous voulions savoir si vous seriez disponible à recevoir demain Sylvain Gaud... Oh! Là! La! Pardonnez-moi! Sabin Gaudreault, notre candidat au Bloc québécois dans votre circonscription».

En temps normal, je vous aurais bien épargné ce lapsus, mais disons-le, quand on vient de traverser une si longue campagne électorale, que les gens en ont perdu la boule au point d'aller voter avec un sac de patates sur la tête, mieux vaut savourer ces rares moments de rigolade.

Alors, il est comment ton candidat du Bloc québécois Joël?

Eh ben! il faudrait être de très mauvaise foi pour vous dépeindre un portrait négatif du gars.

Maintenant, peut-être est-ce ma gueule, ou un indice qui traînait là à mon insu, ou sinon ma fameuse chronique d'invitation, mais le gars est directement allé me chercher droit au coeur en me parlant immédiatement de cannabis.

Il faut savoir que lorsque Sabin (nous nous étions mutuellement donné la permission de nous tutoyer) s'aventure sur un terrain du genre, le gars sait de quoi il parle. En plus d'avoir enseigné la criminologie au Cégep d'Alma pendant 35 ans, Sabin avait auparavant pratiqué alors que Richard Blass courait toujours.

Sabin m'a donc raconté qu'au cours des années 90, on parlait déjà de légaliser le pot. L'homme avait alors profité de ce sujet déjà d'actualité afin de dresser un tableau des pour et des contre de la légalisation du pot à ses élèves qui étaient de futurs policiers. «Je leur ai rapidement démontré qu'il n'y avait essentiellement que des avantages à ça, mais je peux te dire qu'ils m'ont fait toute une face. Et puis, le mot s'est rapidement propagé et mes collègues m'ont regardé bizarrement pendant longtemps.»

De par son passé professionnel, Sabin a la conviction que le futur n'est pas dans la répression, mais bien dans la réhabilitation. Et là, je ne veux pas lui mettre de mots dans la bouche, mais à ce que j'ai bien pu comprendre, en s'attaquant directement aux petits criminels typiques du quotidien, on ne s'attaque vraiment pas au coeur du problème. «Je sais que je ne serais pas supposé de te dire ça et que je vais sûrement me faire taper sur les doigts, mais les vrais criminels Joël, ils ne sont pas dans la rue. Les vrais criminels, ils sont en complet cravate et ça fait leur affaire qu'on préfère s'attaquer aux plus démunis.» Eh ben! moi, ce que j'en pense, c'est que tous les politiciens devraient débuter chacun de leur discours comme ça.

D'ailleurs, Sabin ne s'en cache pas, le gars a un franc-parler et ça fait du bien d'entendre ça.

Quant aux autres enjeux politiques, c'est sans grande surprise qu'il m'a mis de l'avant les délires des dernières années du gouvernement Harper tout en les opposant aux grandes réalisations de son parti. Et puis, ça se souligne, mais le gars maîtrise plutôt bien ses dossiers. Il est visiblement passionné.

Alors voilà ce que j'ai réalisé quelques heures plus tard: voter pour le Bloc québécois, ça s'apparente un peu à acheter une police d'assurance. On te vend un truc, mais ce n'est pas un truc que tu déballes frénétiquement et que tu prends en photo pour le montrer fièrement à tes potes. Or, tu sais maintenant que le jour où le feu prendra, tu auras quelque chose à quoi t'accrocher.

Du coup, c'est peut-être ça qui joue un peu contre le Bloc québécois en 2015. Le feu est déjà pris dans la cabane et plusieurs se disent qu'il vaudrait peut-être mieux appeler les experts en sinistre.

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