Qui aime bien, châtie bien

Les rhinocéros ont répondu à l'appel du chroniqueur...... (Photo 123rf)

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Les rhinocéros ont répondu à l'appel du chroniqueur...

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Dans une chronique publiée dimanche dernier dans Le Progrès-Dimanche, j'invitais les candidats de ma circonscription à venir boire un café à la maison afin que nous puissions parler en toute simplicité des différents enjeux qui préoccupent les électeurs, qu'ils soient jeunes ou moins jeunes.

Étant donné le délai de plus en plus serré qui nous distanciait quant à la date ultime où tout un chacun serait convié aux urnes, je m'étais permis de douter ouvertement de la réception d'une telle invitation. Or, l'opération n'aura pas été vaine, car à peine 24 heures après la publication de cette chronique, voilà que des candidats se pointaient déjà le bout du nez devant mon humble demeure. Et pas n'importe qui, un chef de parti ainsi que l'agent officiel du parti.

D'entrée de jeu, je vous avouerai bien honnêtement que pendant un bref instant, j'ai été habité par le doute en voyant arriver ces deux aspirants politiciens. Car voyez-vous, quand deux types du Parti rhinocéros se pointent le bout de la corne à la maison, on se dit tout d'abord qu'on aurait aussi bien pu inviter deux potes spécialisés dans l'art de la connerie et on en serait probablement arrivé au même résultat.

Eh bien, chers lecteurs et chères lectrices, je ne pouvais pas mieux me tromper.

En fait, pour vous dire vrai, la démocrate active m'avait jusqu'ici rarement autant allumé que lors de cet entretien avec le chef du Parti rhinocéros, Sébastien Corhino Corriveau, et l'agent officiel du parti, Jean-Patrick Berthiaume. Car au-delà de leur image de fous du roi, ces deux jeunes hommes sont à l'appareil démocratique la preuve vivante que celui qui aime bien châtie bien.

«Les gens voient souvent nos propositions comme des blagues ou des choses qui ne peuvent pas se faire, d'expliquer Berthiaume. Or, nous sommes les premiers à admettre cela et en contrepartie, on a un gouvernement conservateur qui se dit très sérieux et qui du même coup, ose nommer un politicien créationniste en tant que ministre des Sciences et Technologies (Gary Goodyear en 2009). Ça, c'est une excellente blague.»

Dans le même élan, le chef du Parti rhinocéros ne manque pas de souligner - avec une savoureuse ironie - que les idées souvent jugées comme étant absurdes de ses collègues sont souvent reprises par leurs adversaires: «Dans les années 80, les Rhinos proposaient de détruire l'environnement et de ne plus s'en occuper, car c'était une perte de temps. Les conservateurs ont plutôt bien recyclé notre idée au cours des dernières années.»

À cet effet, on est en droit de se demander si les Rhinos de la première époque auraient pu prédire que le parti réussirait à traverser l'épreuve des années. Il faut savoir que pour l'actuelle campagne électorale, ce sont quand même 28 candidats qui représenteront le parti. Parmi ceux-ci, soulignons qu'on y retrouve un chat, un fantôme (la fille d'Élizabeth May, chef du Parti vert, se présente dans le comté Berthier-Maskinongé, mais a reconnu qu'elle n'y ferait pas campagne, ce qui explique la présence d'un vrai candidat fantôme), le «candidat vedette» Tom Gaudet ainsi que Marielle Couture, une activiste bien connue dans la région qui fait campagne dans le comté de Jonquière.

Ce qui pourrait expliquer le succès de ce Parti rhinocéros 2.0 tient en une phrase simple, mais éloquente, lancée un peu par accident par l'agent officiel du parti: «On est en quelque sorte une coopérative d'indépendants.»

Et si les Rhinos avaient en fait une ligne de parti sans même le savoir et qu'il s'agissait de ce besoin de liberté que la démocratie devrait nourrir? Se libérer de la dictature des lobbys et des économistes, par exemple?

Une chose est certaine, quand Berthiaume image le Parti rhinocéros en le comparant au jeune homme du récit classique Les habits de l'empereur qui pointe le roi en osant affirmer qu'il est nu, on se dit qu'il vaut mieux leur accorder un vote que de sombrer dans le cynisme en ne se rendant pas aux urnes ou en annulant simplement son vote.

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