L'heure de la réconciliation

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Aurons-nous l'heureuse surprise d'apprendre, cette semaine, que les 450 employés de garage en lock-out depuis le 5 mars 2013 reprendront bientôt le travail?

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Aurons-nous l'heureuse surprise d'apprendre, cette semaine, que les 450 employés de garage en lock-out depuis le 5 mars 2013 reprendront bientôt le travail? L'annonce cadrerait magnifiquement avec ce chaleureux retour d'un soleil floridien que la nature nous offre depuis une semaine pour se faire pardonner le maussade temps d'automne servi tout au cours de l'été.

On imagine que le médiateur Normand Gauthier a préparé le terrain depuis que le ministre Sam Hamad lui a confié la mission, d'apparence impossible voilà déjà un an, de placer les deux parties face-à-face sous la menace à peine voilée d'une loi spéciale que le gouvernement Couillard adopterait avant l'hiver si elles ne parvenaient pas à un accord.

Mais comment l'État pourrait-il justifier une telle issue après avoir poussé jusqu'à l'extrémité des conflits tout aussi douloureux? On doute que l'Assemblée nationale autoriserait une action qui causerait beaucoup de malaise avec la présence du chef péquiste Pierre Karl Péladeau. Il a utilisé systématiquement l'arme du lock-out avant d'entrer dans l'arène politique. Certes, comme il l'a précisé à la quarantaine de travailleurs de l'Imprimerie Mirabel, propriété de Québecor, en lock-out depuis une semaine, il «ne s'occupe plus de ça», mais il demeure propriétaire de l'empire médiatique édifié par son père.

Les 25 concessionnaires automobiles de notre région qui ont décrété le lock-out et leurs 450 syndiqués affiliés à la CSD n'ont donc pas le choix de s'entendre. Quant à l'opinion publique, elle demeure trop partagée dans l'examen des causes pour exercer des pressions vraiment significatives.

Même si la voix des concessionnaires est très discrète, la population connaît bien les obstacles qui retardent un règlement harmonieux de cet interminable conflit. Georges Bouchard, le président des employés de garage, et sa garde rapprochée, les ont amplement exposés, sur toutes les tribunes, et avec encore plus de conviction à leur dernière présence au Cercle de Presse.

Mais les concessionnaires sont demeurés fermement retranchés sur leur position même devant l'acceptation, par leurs collègues de Québec et de la Beauce, des conditions semblables à quelques virgules près de celles que leurs employés en lock-out jugent suffisamment importante pour justifier une bataille d'une longueur historique. «Les réalités sont bien différentes au niveau du type de clientèle, des salaires et des besoins», plaide Annie Coulombe», la porte-parole patronale. Le syndicat n'y perçoit plutôt qu'une stratégie pour transférer, à rabais, à la sous-traitance, des emplois permanents convenablement rémunérés. La solution ne peut donc se trouver ailleurs que dans une entente «gagnant-gagnant» comme ce fut le cas aux usines d'Arvida durant la décennie 1970. Après deux grèves rapprochées (1976 et 1979), Alcan et la direction syndicale collaborèrent à l'instauration d'une «négociation raisonnée».

Ce fut le signal d'un virage à 90 degrés qui mènera à la concertation permanente,

Espérons un dénouement semblable chez les concessionnaires d'automobiles. Les clients de l'industrie, cibles bien involontaires, sont dégoûtés de voir ces cabanes occupées par des victimes du conflit, sans doute malheureuses comme des pierres de faire le pied de grue pendant que patrons et représentants syndicaux se tournent le dos. Ces seuls signes visibles du lock-out ressemblent à des camps de réfugiés qui crient leur misère quelque part dans le Tiers-Monde.

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