Les «Oui, mais»

«Par exemple, il y a quelques jours, voilà... (Photo Tom Szczerbowski, USA Today)

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«Par exemple, il y a quelques jours, voilà que PK Subban annonçait qu'il ferait don de la coquette somme de 10 millions de dollars afin de venir en aide aux enfants malades, mais aussi, afin d'offrir un support considérable aux parents de ces enfants qui, bien qu'ils mènent un tout autre genre de combat, en mènent un sapristi quand même.Or, croyez-le ou non, mais il existe vraiment des gens qui ont vu une telle action d'un mauvais oeil», mentionne notre chroniqueur.

Photo Tom Szczerbowski, USA Today

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Joël Martel
Le Quotidien

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je suis comme habité depuis un trop long moment par cette curieuse impression que les gens veulent être en colère.

Par exemple, il y a quelques jours, voilà que PK Subban annonçait qu'il ferait don de la coquette somme de 10 millions de dollars afin de venir en aide aux enfants malades, mais aussi, afin d'offrir un support considérable aux parents de ces enfants qui, bien qu'ils mènent un tout autre genre de combat, en mènent un sapristi quand même.

Or, croyez-le ou non, mais il existe vraiment des gens qui ont vu une telle action d'un mauvais oeil. Et là, je ne vous parle pas d'un cas singulier que je suis allé déterrer dans les confins d'un forum nébuleux sur Internet afin de prouver ce que j'avance. Oh non. Je vous parle d'un nombre suffisant de cas pour vous donner envie de vous désabonner à l'humanité.

Alors voilà. Un type s'engage à verser 10 millions de dollars à des oeuvres de bienfaisance et vous n'avez même pas le temps de donner un coup de pied à une poubelle et hop, il y a une centaine d'hurluberlus qui vont immédiatement en sortir pour crier sur tous les toits que «oui, mais y a rien là le gars a plein d'argent». Et puis, s'il ne s'agit pas de cette fine observation, on vous proposera une de ses nombreuses déclinaisons telles que «oui, mais le gars fais juste ça pour payer moins d'impôts» ou «oui, mais le gars fait juste ça pour se donner une belle image».

Ok ok. Disons que dans le pire des cas, le gars faisait seulement ça pour son image, peut-on s'en «contre-crisser» pour une fois en sachant qu'en prenant soin de son image publique, ça aura quand même provoqué des retombées de 10 millions de dollars à une organisation qui en a plus que besoin.

Et puis, en ce qui concerne les impôts, je vais vous confier une chose: dans un monde idéal, il y aurait une page de plus dans nos formulaires de déclaration d'impôts et celle-ci nous permettrait de choisir à quel secteur d'activité serviraient les impôts qui nous sont perçus. Par exemple, vous ne voulez pas qu'un seul de vos sous ne serve à financer l'armement ou un autre truc du genre, eh ben hop, c'est votre choix. Ça, j'appellerais ça de la démocratie directe.

Maintenant, si un tel truc existe vraiment, pardonnez-moi mon ignorance.

Il reste que si j'étais riche à craquer, croyez-moi que je déciderais où iraient mes impôts en finançant les causes et les secteurs d'activité qui me préoccupent.

Mais bon, je vous raconte ça et j'ose espérer que ces hurluberlus qui veulent tellement voir du mal partout qu'ils réussiraient à en voir dans une portée de chatons existent depuis la nuit des temps.

Je me laisse ainsi bercer par l'espoir qu'il y en a autant, sinon moins qu'il y en a eu autrefois et que si j'ai cette impression d'être témoin d'une montée inquiétante d'un désir collectif d'être en colère, c'est seulement parce qu'on a désormais les outils pour le mesurer.

Je m'explique: il y a quelques mois à la radio, un spécialiste des tremblements de terre se faisait demander si le nombre grandissant des séismes répertoriés tout autour du monde pouvaient être relié au réchauffement de la planète. À cela, le spécialiste avait platement répondu qu'à sa connaissance, il n'y avait pas plus de séismes qu'auparavant, que c'était seulement parce que les outils dont nous disposions étaient maintenant plus précis afin de détecter les moindres anomalies.

Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que les réseaux sociaux et la panoplie de tribunes qui sont offertes au public sont en quelque sorte des outils afin de mesurer l'étendue de la connerie ambiante. Et malheureusement, je pense que ça fonctionne vraiment.

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