Je voudrais bien aider, mais...

«C'est donc dans un de ces élans de... (Jens Nørgaard Larsen, Agence France-Presse)

Agrandir

«C'est donc dans un de ces élans de solidarité de fin de journée, ceux que l'on vit dans l'intimité, à l'abri des regards et des oreilles, qu'on a fait ce voeu pieux d'éventuellement se proposer afin d'accueillir des réfugiés», écrit notre chroniqueur.

Jens Nørgaard Larsen, Agence France-Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Joël Martel
Le Quotidien

Ça a commencé par une remarque un peu en l'air comme ça avant qu'elle aille faire dodo. Elle, c'est bien évidemment ma blonde.

Alors voilà, on venait de regarder le bulletin de nouvelles de fin de soirée et on se disait que c'était impossible de concevoir qu'un peu partout dans le monde, il y ait des gens comme vous et moi qui ne puissent même plus espérer avoir une vie digne de ce nom sur la terre même où ils ont vu le jour.

C'est donc dans un de ces élans de solidarité de fin de journée, ceux que l'on vit dans l'intimité, à l'abri des regards et des oreilles, qu'on a fait ce voeu pieux d'éventuellement se proposer afin d'accueillir des réfugiés. Quelque part, j'espérais que ma blonde se dise la même chose que moi: «ben pour le moment, ça n'engage qu'elle et moi et si demain je me sens le coeur moins héroïque, ce n'est pas comme si on s'était engagé dans un processus irréversible. C'est entre elle et moi pour le moment.»

Or, le lendemain, ma blonde et moi, on en a rejasé et voilà que nous avions toujours le coeur à l'entraide. Et ça, c'était après avoir eu amplement le temps de tenir compte des nombreux «sacrifices» que cela pourrait amener. Parce que vite comme ça, dans l'éventualité où vous vous engageriez à accueillir une famille dans votre maison, cela impliquerait de sérieux réaménagements de votre domicile, un investissement personnel à long terme, une certaine perte d'intimité et bla bla bla bla.

Mais bon, si le monde entier avait pensé ainsi en matière d'entraide pendant toute l'histoire du monde, j'ose croire que «le bulletin de l'humanité» aurait une note encore plus médiocre que celle qu'elle affiche actuellement.

Toutefois, et je vais être très franc avec vous, ce qui a finalement refroidi mes ardeurs, c'est lorsque j'ai entamé des recherches à propos des démarches à prendre afin d'accueillir des réfugiés ici.

Maintenant, que l'on se comprenne, mais si jamais vous êtes familiers avec tout cet univers, je vous demande humblement de pardonner ma candeur. Je vous autorise à en rigoler toute la journée, mais dans le monde imaginaire que je m'étais créé, il suffisait d'un peu de volonté et de beaucoup de bonne foi pour venir directement en aide aux gens dans le besoin. Du genre, «hé, moi je peux, alors dites-moi quand, comment et où et hop, c'est réglé.» Mais non. Et vraiment non.

Le truc, et ça c'est si je me fie à mes recherches plutôt sommaires, c'est que j'ai cru comprendre qu'il vous fallait un paquet de fric afin d'oser entreprendre des démarches afin d'accueillir un ou des réfugiés. Seulement pour une première personne, j'ai vu à de nombreuses reprises qu'il fallait prévoir une somme de quelque chose comme 12 000 dollars. Disons que pour un pauvre type comme moi qui a choisi de gagner sa vie en tapant des mots un après l'autre, d'avoir à sa disposition un tel paquet de fric relève plus ou moins de l'ordre du fantasme.

Alors hop, que peut-on faire lorsqu'on ressent ce besoin d'aider son prochain, mais qu'on a seulement de l'amour, du temps et un minimum d'humanité?

La question peut sembler ridicule, mais j'ose croire ne pas être le seul à me sentir ainsi.

C'est justement la raison pour laquelle j'ose vous en parler. Parce que je me dis qu'il y a certainement une façon d'aider qui m'échappe, et ce, outre le fait d'effectuer un don d'argent.

Alors voilà, je fais donc appel à tous les organismes de la région qui se spécialisent dans ce domaine: comment un pauvre type peut venir en aide à ces gens en détresse qui ne veulent qu'une nouvelle chance d'enfin pouvoir aspirer à une vie meilleure?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer