La pression aux mauvais endroits

Directeur général de l'Association des marchands dépanneurs et... ((Courtoisie))

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Directeur général de l'Association des marchands dépanneurs et Épiciers du Québec, Yves Servais,

(Courtoisie)

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Yves Servais
Le Quotidien

Le gouvernement du Québec s'apprête une fois de plus à revoir la loi pour lutter contre le tabagisme. Dans son projet de loi, Lucie Charlebois, ministre responsable de ce dossier, renforce la sévérité de la loi par des amendes déraisonnables et injustifiées à l'endroit des dépanneurs. Elle ne démontre aucune sensibilité à l'endroit des détaillants.

L'AMDEQ considère que de multiplier par cinq les amendes pour les détaillants qui auront vendu du tabac aux mineurs est totalement déraisonnable. Faites le calcul: de 500$ à 2500$! La loi actuelle est déjà bien assez coercitive et dissuasive à l'égard des détaillants. Le projet que la ministre propose pourrait entraîner la fermeture de nombreux dépanneurs en particulier ceux qui sont déjà à statut précaire ou ceux situés en milieu rural. Certains sont tellement désabusés et même démotivés à opérer leur commerce dans le contexte actuel, avec une épée de Damoclès constamment au-dessus de leur tête, qu'ils songent carrément à vendre leur commerce.

Tout l'aspect du contrôle de la vente aux mineurs repose essentiellement sur les épaules des détaillants. Le gouvernement leur demande de jouer le rôle de policier, un travail qui est bien souvent ingrat car nombres de personnes qui achètent du tabac font preuve, lorsqu'ils se font «carter», d'impatience, d'irritabilité et à l'occasion même, d'agressivité verbale à l'endroit des commis de dépanneurs.

Pour ces raisons, nous demandons au gouvernement de partager la responsabilité du contrôle de l'accès du tabac aux mineurs avec les personnes qui désirent en acheter. Le législateur doit rendre obligatoire la présentation d'une pièce d'identité pour toutes personnes qui désirent acheter des produits du tabac. Ce faisant, cela faciliterait grandement le travail des détaillants et contribuerait également à l'atteinte des objectifs du gouvernement pour ce qui est de l'accès du tabac aux mineurs.

D'ailleurs, l'AMDEQ a déjà demandé au ministère la Santé de statuer pour que la carte d'Assurance-maladie soit reconnue comme la pièce d'identité officielle pour le cartage; un outil qui faciliterait le travail des détaillants et de leurs employés. Peut-être faudrait-il également que le législateur rende le geste de fumer illégal pour les mineurs et leur imposer des pénalités même ce ne serait qu'à titre symbolique.

Nous demandons au gouvernement d'investir dans une campagne de sensibilisation et d'information auprès de tous les citoyens, les fumeurs en particulier, afin qu'ils présentent automatiquement une pièce d'identité à l'achat de produits de tabac. Une mesure comme celle-ci a été maintes fois évoquées dans des précédents rapports sur le tabagisme.

L'AMDEQ déplore que l'actuel gouvernement prenne des décisions sans tenir compte des préoccupations des détaillants. De son côté, l'AMDEQ, au cours des dernières années, a agit de façon responsable et a appuyé le ministère de la Santé en mettant en place, avec ses propres fonds, une formation en ligne sur Internet afin d'informer et de sensibiliser les employés de dépanneurs au respect de la loi et au «cartage» automatique.

À la veille de la commission parlementaire portant sur la loi 44, l'AMDEQ souhaite que la ministre perçoive les détaillants comme des partenaires plutôt que des adversaires. C'est en travaillant ensemble, dans une attitude positive, que l'on pourra atteindre les objectifs qu'elle s'est fixée en ce qui a regard à l'accès des produits du tabac aux mineurs.

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