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Le promoteur Robert Hakim.... ((Archives Le Quotidien))

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Le promoteur Robert Hakim.

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Robert Hakim
Le Quotidien

La saison touristique bat son plein. Et, cette industrie représente un moteur économique important pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Comment en maximiser les retombées? Comment la développer, l'articuler? Le promoteur Robert Hakim et le maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, abordent ces enjeux.
Selon le ministère du Tourisme du Québec, un touriste est un visiteur qui habite à plus de 40 km de l'endroit de ses vacances et qui va y passer plus d'une nuit.

Au Saguenay par exemple, si tu viens d'Alma, qui est à 44 km, tu es considéré comme un touriste. Autour de nous, d'un côté, nous avons le «Lac-Saint-Jean», de l'autre Charlevoix et Tadoussac, et finalement, le «Parc des Laurentides» dans ce périmètre. Faites le même calcul avec les villes qui ceinturent Montréal. On se rend vite compte que les grands centres sont extrêmement choyés en terme de statistiques par rapport aux régions dont les villes sont souvent éloignées l'une de l'autre. Intéressant, lorsque l'on sait que les subventions octroyées par nos gouvernements sont directement liées aux études de retombées et d'achalandage touristique. On comprendra que Montréal et Québec se partagent la plus grande part du gâteau en s'autoproclamant seules villes du Québec à attirer des touristes internationaux en grande partie grâce à leurs festivals et événements.

Leur stratégie: produire des événements à grand déploiement capables d'attirer des centaines de milliers de personnes. Ces événements ont des dates distinctes qui se suivent dans le calendrier estival, et si le visiteur arrive à la fin d'un festival, il peut commencer le suivant en allongeant la durée de son séjour. C'est là que le touriste devient payant pour la région visitée, car une fois en ville, celui-ci va par la suite en profiter pour visiter leurs attraits comme le biodôme, le jardin botanique, l'Aquarium de Québec ou encore les musées...

Montréal a compris ce principe depuis des décennies avec des leaders comme Gilbert Rozon (Juste pour Rire) et Alain Simard (Francofolies, Festival de Jazz et Montréal en Lumière). La Ville de Québec a décidé de suivre cette tendance depuis 2008, année où le maire Labeaume a déclaré que sa ville allait devenir festive avec les Daniel Gélinas (Festival d'été de Québec) et Sylvain Parent-Bédard (le Grand Rire) entre autres. Ces organisateurs sont considérés comme des créateurs essentiels au développement de leurs villes respectives et traités comme les vedettes qu'ils amènent sur leurs grandes scènes. Les images projetées à la télévision, les messages radios, les imprimés et le web sont particulièrement éloquents. On voit des foules immenses dans une ambiance festive et éclatée et la ligne directrice est toujours dans le style: venez faire la fête avec nous!

En région, c'est tout à fait le contraire et c'est particulièrement vrai au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où la stratégie de communication est essentiellement axée sur la nature et les attraits comme le Zoo de Saint-Félicien et Val-Jalbert, et très peu sur les festivals et événements. Il est vrai que ces deux organismes sont particulièrement porteurs et sont considérés, avec raison, comme des produits d'appel. Aussi vrai que les sentiers naturels régionaux, la Véloroute des Bleuets et le Fjord du Saguenay sont des incontournables presque uniques au monde.

Mais ne serait-il pas le temps de mettre à l'avant-plan le côté festif et souvent gratuit des Jonquière en musique, Festival des vins de Saguenay, Festival des bières du monde, les Grandes Veillées, le Festival international des Rythmes du Monde, le Spectacle aérien international de Bagotville, le Festival du Bleuet, la Traversée internationale du lac Saint-Jean et tous les autres événements importants que j'oublie? Mis à part l'aide de Saguenay et particulièrement de Promotion Saguenay, ces grands événements sont laissés pour compte par l'Association touristique régionale et doivent redoubler d'ardeur par leurs propres moyens et sans grandes ressources financières pour s'afficher hors région et surtout hors-Québec. Quand comprendrons-nous que du côté festif, nous n'avons absolument rien à envier aux deux grandes villes du Québec?

À eux seuls, nos événements régionaux attirent des centaines de milliers de visiteurs venant en grande partie de l'extérieur, et tout comme à Montréal et Québec, ils se suivent dans le calendrier estival. Sommes-nous si différents d'eux pour utiliser une stratégie de communication diamétralement à l'opposé? Si un jour on veut compétitionner les grands centres et aller chercher notre part de touristes internationaux, il va falloir jouer sur la même patinoire qu'eux, car actuellement il me semble qu'on regarde beaucoup plus la partie dans les estrades que sur la glace.

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