Le réchauffement se poursuit

En mars, les glaces de l'océan Arctique étaient... ((Archives Le Quotidien))

Agrandir

En mars, les glaces de l'océan Arctique étaient les plus minces jamais enregistrées et on peut s'attendre à ce que la surface dégelée dans l'océan Arctique soit beaucoup plus grande en septembre qu'elle ne l'a été en moyenne entre 1981 et 2010.

(Archives Le Quotidien)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Claude Villeneuve
Le Quotidien

Vous avez peut-être entendu dire que le réchauffement du climat terrestre avait ralenti depuis 1998 et même qu'il s'était arrêté. Rien n'est plus faux. Une visite sur le site de la National Ocean and Atmosphere Agency (NOAA), des États-Unis qui compile les données de température à l'échelle planétaire et fait le suivi du climat global (https://www.ncdc.noaa.gov/sotc/summary-info/global/201 505) montre sans équivoque que mai 2015 a été le plus chaud mois de mai enregistré depuis 1880. On y trouve aussi que depuis le début de l'année, 2015 se trouve parmi les années les plus chaudes et que 2014 est l'année la plus chaude jamais enregistrée, battant de peu 1998, 2005 et 2012. À part 2008, toutes les années depuis 2000 sont les plus chaudes de la période historique. Mauvaise nouvelle pour les climato-sceptiques?

En effet, non seulement le réchauffement ne s'est pas arrêté, mais une très récente étude, parue dans la revue Science, montre que le ralentissement apparent observé dans les 17 dernières années n'en est pas un, si on considère l'évolution des températures de la surface océanique avec de meilleures méthodes de mesure. Entre 1950 et 1999, le taux de réchauffement était de 0,113 degré Celsius par décennie alors que depuis 2000, il est de 0,116 degré par décennie. Avouez qu'on ne peut pas qualifier cela de ralentissement!

Mais l'hiver dernier était le plus froid de notre histoire répondront certains. Hé oui, il y a une énorme différence entre la météo locale et le climat planétaire. L'hiver dernier, il a fait froid dans l'Est de l'Amérique du Nord. Mais la température de Whitehorse au Yukon a été plus chaude que celle de Montréal. En mars, les glaces de l'océan Arctique étaient les plus minces jamais enregistrées et on peut s'attendre à ce que la surface dégelée dans l'océan Arctique soit beaucoup plus grande en septembre qu'elle ne l'a été en moyenne entre 1981 et 2010 (http://nsidc.org/arcticseaicenews/). Les anomalies climatiques que nous observons ailleurs dans le monde, comme la sécheresse en Californie, les inondations au Texas ou la canicule meurtrière au Pakistan ne sont que quelques autres indicateurs météorologiques du dérèglement climatique. Ces jours-ci, la Saskatchewan brûle, l'Europe a chaud... ce n'est pas fini!

Et pendant ce temps, les pays continuent de tergiverser. On négocie actuellement l'accord de Paris qui sera, on l'espère, finalisé au début de décembre. Malgré les difficultés et les engagements timorés des plus grands émetteurs (le Canada au premier rang) les textes officiels souhaitent encore que l'accord puisse maintenir l'augmentation de la température globale sous les deux degrés Celsius d'ici la fin du siècle. C'est pure hypocrisie, comme vous le savez si vous avez lu mon dernier livre.

Il n'y a plus de doute, nos émissions de gaz à effet de serre causées par l'utilisation des carburants fossiles pour la production d'électricité et le transport, l'élevage de bétail, la déforestation et la production de ciment sont directement responsables de la modification climatique sans précédent à laquelle nous assistons présentement. Cependant, comme le disait Pierre Dansereau, nous sommes chanceux dans notre malchance! Si le problème est causé par les humains, seuls les humains peuvent le résoudre. Les étudiants qui suivent les cours du programme court en éco-conseil sur la gestion durable du carbone (http://programmes.uqac.ca/0657) vous le diront: il existe une panoplie de solutions techniques, comportementales, économiques et même écologiques comme la plantation d'arbres qui peuvent nous permettre de ralentir le réchauffement. Qu'attendons-nous pour agir?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer