Une vision à long terme

Julie Simard, urbaniste et consultante spécialisées à Chicoutimi.... ((Archives Le Quotidien))

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Julie Simard, urbaniste et consultante spécialisées à Chicoutimi.

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Julie Simard
Le Quotidien

Pour comprendre l'aménagement et l'urbanisme sur nos territoires, il faut d'abord savoir que l'ensemble du Québec est formé par des communautés métropolitaines ainsi que des Municipalités régionales de comté (MRC) qui regroupent des municipalités locales et des territoires non-organisés (TNO). Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, nous comptons cinq MRC dont la ville de Saguenay qui est une Ville-MRC. Toutes les MRC doivent adopter un schéma d'aménagement qui sera examiné par le gouvernement du Québec afin d'obtenir sa conformité par rapport aux orientations gouvernementales. La plupart des MRC du Québec en sont à leur deuxième génération des schémas d'aménagement. Les exercices de révision se sont déroulés ces dix dernières années et plusieurs nouveaux schémas d'aménagement sont entrés en vigueur ou sont en voie de l'être.

Dès que le schéma d'aménagement d'une MRC entre en vigueur, les municipalités comprises dans cette MRC doivent adopter un nouveau plan et des règlements d'urbanisme révisés en vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Le plan d'urbanisme édictera des grandes orientations d'aménagement du territoire, des objectifs et des moyens de mise en oeuvre qui devront être réputés conformes aux grandes orientations et objectifs du schéma d'aménagement de la MRC. Il déterminera également des grandes affectations du sol où des usages dominants et compatibles pourront être autorisés. Le territoire d'une municipalité sera ainsi divisé en secteurs que le règlement de zonage subdivisera pour former des zones.

En amont de l'élaboration du plan d'urbanisme, la municipalité effectue une analyse des potentiels et des contraintes sur son territoire, identifie les enjeux et détermine la vision qu'elle a de sa ville par rapport à son développement futur. Il s'agit d'un exercice de réflexion important car il jette les bases pour les orientations à prendre et les futurs aménagements et constructions qui seront autorisés ou non autorisés. En règle générale, l'harmonie et la compatibilité des usages à l'intérieur d'un même secteur sont recherchées. Des secteurs industriels sont planifiés, des axes commerciaux principaux identifiés et des quartiers résidentiels définis selon des densités variables (habitation unifamiliale, quadruplex, immeuble à logements). Les objectifs visent la qualité de vie, la tranquillité, la préservation des paysages, le développement économique, la rentabilité et l'optimisation des infrastructures, etc.

La concrétisation des orientations et des objectifs du plan d'urbanisme s'effectue à l'aide d'une panoplie d'outils à la disposition des municipalités dont les programmes, les politiques mais aussi et surtout, la règlementation d'urbanisme. Parmi celle-ci, il y a le règlement de zonage par lequel les usages et les normes d'implantation sont identifiés par zone. Les usages autorisés répondent aux objectifs d'harmonisation et de compatibilité. À titre d'exemple, les seuls usages autorisés dans les zones résidentielles ne sont souvent que l'habitation et les parcs, ceci afin d'éviter que des usages générateurs de nuisances (bruit, poussière, odeur) ne viennent troubler la tranquillité du quartier. Sur les axes commerciaux, les usages autorisés peuvent varier selon la caractérisation des artères: une zone pourra concentrer des commerces de détail et des services, une autre zone sera privilégiée pour des commerces de plus grande surface et sur un autre axe, les usages seront les commerces de gros et l'industrie légère.

La planification en aménagement du territoire et urbanisme ne prétend pas à un exercice parfait mais elle aspire toujours à une amélioration des fonctions et à la création de la qualité de vie. Elle veut répondre à une vision du territoire qui tient compte à la fois de la situation actuelle et de l'évolution souhaitée. Sur le terrain, le «bien vivre ensemble» peut faire en sorte que parfois des groupes ou des individus se considéreront lésés. Mais c'est aussi cela «faire de l'urbanisme». Il faut viser à préserver l'intérêt commun et non l'intérêt individuel. Des compromis peuvent être faits, mais devant la controverse, se rattacher aux objectifs permet de garder le cap sur le développement à moyen et à long terme.

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