Un autre monde

On réapprend aussi à cultiver des jardins sur... ((Archives Le Quotidien))

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On réapprend aussi à cultiver des jardins sur les terrains de sa maison, à échanger des plants au printemps et des légumes à la belle saison. Il s'agit de petits gestes qui permettent de participer à la Transition de manière à sortir grandi du manque de pétrole et pas à vivre cette période comme une fatalité qui va nécessairement amener à une austérité pas joyeuse du tout.

(Archives Le Quotidien)

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Nicole Huybens
Le Quotidien

Au mois d'août, le mouvement Transition s'invite dans la région lors de trois événements qui ne portent pas nécessairement ce nom, mais qui y sont pourtant fortement associés : le 25ème anniversaire de l'écohameau de La Baie (8 aout), l'événement « Virage » du 7 au 8 aout à Sainte-Rose-du-Nord et le Festival Humanité du 28 au 30 août à Chicoutimi.

Le mouvement Transition a pour racine la volonté d'indépendance et de liberté face à un système économique qui ensorcelle notre capacité d'action en nous faisant confondre le rentable avec le bien. Il se fonde sur la nécessité de se préparer à un monde où le pétrole et d'autres ressources non renouvelables se raréfieront et deviendront donc de plus en plus chers. Ceux qui s'engagent dans ce mouvement très diffus le font tous les jours dans leur vie quotidienne. Ils croient qu'il est possible de transformer notre monde en renonçant à subordonner les humains au roi argent, et la nature aux désirs insatiables d'une humanité surconsommatrice. Ils réapprennent des compétences oubliées et les enseigne aux autres. Ils inventent des nouvelles manières de vivre confortablement sans l'apport d'énergie fossile ou avec le moins possible de ressources non renouvelables.

À La Baie par exemple, on invente le foyer de masse qui utilise très peu de bois pour chauffer toute une maison et la construction en ballots de paille pour isoler au maximum. Ailleurs, on apprend à réparer vélos et électroménagers pour leur donner une deuxième vie. On réapprend aussi à cultiver des jardins sur les terrains de sa maison, à échanger des plants au printemps et des légumes à la belle saison. Il s'agit de petits gestes qui permettent de participer à la Transition de manière à sortir grandi du manque de pétrole et pas à vivre cette période comme une fatalité qui va nécessairement amener à une austérité pas joyeuse du tout.

Les trois événements de La Baie, Sainte-Rose-du-Nord et Chicoutimi sont des occasions de réflexion, d'apprentissage et d'élaboration de solutions pour sortir de la morosité, de l'austérité financière et des discours simplistes, prévisibles et si souvent colportés. Ils mettent de l'avant la nécessité de travailler ensemble. Dans une société très individualiste, c'est un pari.

Seuls, nous n'aurons jamais suffisamment de pouvoir pour faire changer ce monde qui s'effondre et lui faire prendre une bifurcation qui nous permettra d'éviter le mur, tête baissée. La responsabilisation par rapport à son destin est le maître mot. Il ne s'agit pas de renoncer au plaisir de vivre, il s'agit de mieux choisir ses plaisirs, de les vivre à fond, de prendre des décisions tous les jours qui seront supportées par des valeurs cohérentes avec le changement de fond qui s'impose à l'humanité dès aujourd'hui. Vous pourriez me dire à quoi bon puisque la catastrophe est annoncée et qu'il n'y a plus que l'activisme qui pourrait nous sortir de là ? C'est certainement un chemin très tentant. Mais l'activisme s'appuie sur des idées souvent trop simplistes par rapport à la complexité du monde dans lequel le hasard nous fait vivre. Je préfère donc le dialogue entre des personnes aux valeurs et aux intérêts contradictoires. Je préfère aussi la capacité d'envisager que les solutions ne sont pas nécessairement là où elles apparaissent a priori quand on regarde la réalité avec son seul point de vue.

Il y a des petits changements partout dans le monde camouflés par des fonctionnements aujourd'hui encore dominants. Ils sont la preuve que l'humanité est capable de s'humaniser dans le bon sens du terme et qu'il n'y a aucun substitut à la responsabilité individuelle.

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