Alléluia! Alléluia, alléluia, alllllllllllléluia...

Les revoilà enfin, ou presque, les cours d'éducation... ((Archives Le Quotidien))

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Les revoilà enfin, ou presque, les cours d'éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires de notre province! Ou presque, parce qu'il s'agit-là d'un projet pilote réunissant une quinzaine d'écoles où cette matière scolaire sera à l'essai.

(Archives Le Quotidien)

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

Québec souhaite mettre en place un projet-pilote visant le retour des cours de sexualité dans les écoles. Bonne ou mauvaise idée? Pourquoi? Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et la chroniqueure, infirmière et sexologue Myriam Bouchard discutent de la question.
Les revoilà enfin, ou presque, les cours d'éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires de notre province! Ou presque, parce qu'il s'agit-là d'un projet pilote réunissant une quinzaine d'écoles où cette matière scolaire sera à l'essai.

L'infirmière-sexologue en moi se voit plus que ravie et ne peut s'empêcher de penser qu'il était fichtrement temps! De grands enjeux sociaux me semblent certainement attribuables au manque d'éducation sexuelle chez nos adultes en devenir. Qui peut-on blâmer? Nos jeunes d'adopter des comportements sexuels à risque, de négliger la contraception, de faire l'amour à 12 ans, d'afficher des gestes ou une image hypersexualisés, de ne connaître que dalle de leur appareil génital, d'avoir des relations amoureuses irrespectueuses où règnent inégalités et parfois même violence, etc? Absolument pas! On ne peut que blâmer notre système d'éducation mais aussi nous, parents, d'avoir failli à la tâche. Les enfants ne peuvent apprendre ce que l'on ne leur prêche pas!

Un mea-culpa, absolument pas! Par contre le ministère de l'Éducation se reprend bien en offrant une éducation à la sexualité en touchant divers sujets plus qu'adaptés aux besoins des tout-petits, puisqu'il faut commencer tôt, et aussi des adolescents. Mais un sujet adapté ne suffit pas selon moi. Il faut aussi une plage horaire pour l'approfondir! Ce n'est pas la mer à boire que d'offrir cinq à 15 heures de disponibilité par année scolaire! Entendons-nous, il faut préparer les jeunes, quelque soit leur âge, à recevoir un enseignement à caractère sexuel. On n'arrive pas en classe avec nos grands chevaux, un gode à la main et des condoms de l'autre, des photos à faire vomir de syphilis sur le tableau interactif ou encore avec des revues coquines présentant photos stéréotypées. Non! Il faut de la préparation et qui dit préparation dit temps. Du temps, pour moi, c'est plus que 15 heures sur 180 jours d'école!

Un projet-pilote qui deviendrait obligatoire selon les résultats, précise le ministère. Quels résultats et dans combien de temps? Obtenir des changements, croyez-moi, c'est long! Les modifications de comportements sexuels pratiqués par la jeunesse d'aujourd'hui seront possiblement longues à observer surtout quand une génération entière s'est auto-éduquée, sexuellement parlant avec les moyens du bord. Internet, vidéoclips, projection cinématographique, pornographie de toutes sortes et j'en passe servent, plus souvent qu'autrement, d'ouvrages pédagogiques! Et les professeurs, que pensent-ils de tout ça? Ont-ils réellement envie, sont-ils à l'aise, malgré une formation préalablement suivi, d'offrir des cours de sexualité à leurs étudiants? Ont-ils le temps? D'avoir choisi d'enseigner le soccer, l'algèbre, la trigonométrie, l'histoire du Canada ou encore les participes passés fait-ils d'eux les personnes les plus aptes, qualifiées, à offrir un tel enseignement? Qu'en pensent-ils? Ont-ils été consultés puisque entre vous, moi et la boîte à bois, ne sont-ils pas les mieux placés pour savoir comment ça se passe dans leurs écoles? Dans mon monde idéal, bien sûr que les sexologues devraient offrir cet enseignement et ce, dès la garderie! La sexualité, ne l'oublions, n'englobe pas seulement le coït, la fellation et le point G. Non, elle touche des notions beaucoup plus larges tels que l'amour, l'intimité, l'estime de soi, l'affection, l'ouverture aux différences, les relations amoureuses et tout ce qui vient avec...

Parents, pour finir, c'est à vous que je m'adresse. Bien entendu l'éducation sexuelle proposée par l'école représentera certainement une plus-value dans la vie de vos enfants. Mais, en aucun temps cela ne vous donne congé! Votre devoir parental vous oblige à vous voir comme étant la principale source d'informations pour vos enfants. De par vos explications, vos comportements, votre façon d'être, d'agir, de se percevoir et de percevoir l'autre, vous représentez le meilleur enseignant qui soit de la sexualité et de ses dérivés. Travaillez donc en concertation avec l'école pour offrir ce qu'il y a de mieux à notre société de demain! Merci au ministère de l'Éducation de semer cette graine et, svp, mettez le paquet pour faire pousser l'arbre!

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