À qui fait le chapeau?

Me Charles Cantin.... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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Me Charles Cantin.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Charles Cantin
Le Quotidien

Le casque à vélo, c'est beau! Mais de le porter embellira-t-il véritablement votre sécurité? Ou aura-t-il un effet placebo et s'agira-t-il plutôt d'un diachylon appliqué sur une jambe de bois? Devenons-nous plus téméraires à l'idée de savoir qu'un casque pourrait nous éviter le pire?

Autant de questions, autant de mouvements en faveur et en défaveur du port obligatoire du casque à vélo. Doit-on obliger ce port? Sincèrement, notre guidon intellectuel dans notre prise de décision devrait être le gros bon sens.

Je pense que nous avons une tendance exponentielle à infantiliser les gens. Évidemment, nous ne pouvons pas être contre la vertu. Mais obliger les citoyens à quelque chose fini par créer «l'État contrôleur» de tous nos faits et gestes, ne laissant aucune marge de manoeuvre dans nos choix et surtout dans la façon d'exercer nos comportements. Nous sommes codifiés, dirigés, «sur-légiférés». Pourrais-je avoir le droit d'enfourcher mon vélo tout en étant conscient qu'un traumatisme crânien me guette en route?

La prudence est encore la meilleure conseillère et la meilleure prospection contre les risques. Un piéton a plus d'expositions au danger. Des études ont démontré qu'en tant que piéton, vous avez 10% de risques supplémentaires de blessures à la tête comparativement aux cyclistes!

C'est un peu moins en automobile, bien à l'abri, pensant aucunement à une commotion quelconque. Mais 8% de plus qu'en vélo tout de même!

Une balade au dépanneur deviendra légiférée, une obligation créée. Ce ne sera plus une question de choix, de libre choix, à la limite de liberté.

Aux États-Unis, voyager «pas de casque» en moto est un symbole de liberté, circuler en exerçant son propre choix. C'est souvent les conducteurs qui perdent les pédales en méprisant les cyclistes, leur souhaitant même un impair sur la route. Conducteurs, adaptez-vous, vous arriverez à temps et votre respect rendra les «vélomaniaques» heureux.

C'est ce qui se produit en Hollande où les vélos pullulent et décident du flux circulatoire et du trafic. Et cela dit, très peu de matières réfléchissantes et de casques sont utilisés.

Sans être moi-même un ancêtre, à l'époque l'on évitait de culpabiliser les cyclistes, les adeptes de la bécane! L'on apprenait à être prudent en préservant notre liberté. Un peu de mercure au chrome pouvait suffire à vous rappeler les méfaits du sentier. Aujourd'hui, l'on enseigne moins, l'on oblige plus. Et de ce fait, l'on culpabilise.

Combien de cyclistes feront fi de la prudence en roulant plus vite avec leur casque? Aucune réponse à cette question. Vous voyez, autant pour les automobilistes que pour les amateurs de vélos, toute est une question d'éducation et de savoir vivre.

Imaginez-vous conduire une voiture avec un casque? Pour moi, il est tout aussi absurde que d'obliger les utilisateurs de bicyclette à rouler casqué. Cessons, comme société, de trop vouloir surprotéger.

Nous sommes des enfants-rois devant la Loi. La loi, c'est très important, c'est même essentiel, bien sûr. La Charte des droits et libertés est le texte le plus important de notre pays.

Il y a droits, mais il demeure et il existe cette liberté.

Cette liberté de choisir et prendre ses propres décisions. Il est tentant de parler de liberté de circuler. Et si vous n'êtes pas capables de décider que votre sécurité se termine où celle des autres commence, bien alors vous ne méritez que de vous soumettre à l'obligation de vous armurer avant de sortir de chez vous. Et il est prouvé qu'à partir du moment où vous obligez les gens à porter le casque, vous en diminuerez le nombre d'adeptes.

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