Le Sommet et l'environnement

La semaine dernière, j'ai eu l'opportunité de participer... ((Photo Le Quotidien, René Bouchard))

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La semaine dernière, j'ai eu l'opportunité de participer au Sommet économique régionale à Alma. Cet événement faisait suite à une vaste consultation à laquelle plus ou moins 1300 personnes ont participé dans la région.

(Photo Le Quotidien, René Bouchard)

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Nicole Huybens
Le Quotidien

La semaine dernière, j'ai eu l'opportunité de participer au Sommet économique régionale à Alma. Cet événement faisait suite à une vaste consultation à laquelle plus ou moins 1300 personnes ont participé dans la région.

Les acteurs économiques invités ne semblaient pas imaginer un futur autre que le passé et le présent qu'ils ont toujours connus et qu'ils tentent de maintenir à bout de bras, à bout de souffle parfois même. Et j'ai pensé bien souvent à cet adage: «Ce n'est pas en améliorant la bougie qu'on a inventé l'électricité». Organiser le tissu économique autour de gros projets structurants sur lesquels viennent se greffer des PME était une idée de base. Les Autocthones étaient bien présents et c'est pour moi l'élément le plus positif de ce sommet. Par contre les autres préoccupations sociales et environnementales étaient très très très peu abordées. Les acteurs qui les portaient n'étaient pas invités ou n'avaient pas le droit de parole, qui était très encadré. Éluder les problèmes des changements climatiques liés à notre utilisation des énergies fossiles dans un sommet économique en 2015, cela me sidère... Le premier ministre a quand même parlé de la nécessité d'exploiter les ressources non renouvelables en pensant à demain: pas pour la nature mais pour que la région continue à se développer une fois les ressources épuisées.

La semaine dernière sortait aussi la première encyclique du pape François. On peut y lire que la croissance économique des pays riches laisse derrière elle trop de pauvres et fait trop de dégâts dans la nature. Les pays riches, qui se développent encore, pour donner à ceux qui ont déjà tout, encore plus de biens qu'ils jettent trop vite à la poubelle, devraient accepter de diminuer leurs exigences pour laisser aux pays pauvres la possibilité de vivre un développement dont ils ont un besoin criant. En deux mots, le pape veut une décroissance pour les riches, une croissance pour tous les pauvres du monde et une responsabilité beaucoup plus forte par rapport à la nature.

Quel contraste avec ce qui s'est passé au sommet économique: toujours plus, toujours plus gros, pour toujours plus de croissance avec des retombées ici sans grande préoccupation pour l'environnement ou l'extrême pauvreté ailleurs dans le monde. Voir l'économie par le petit bout de la lorgnette et encenser le syndrome «tout dans ma cour» ne créera pas à mon avis une acceptabilité sociale des projets de développement.

J'aurais voulu entendre parler d'écologie industrielle et de prospérité responsable, de comment faire plus de bonheur avec beaucoup moins de ressources. J'aurais voulu que l'économie deviennent «les économies» qui implique autant la créativité que la sobriété. J'aurais voulu que l'économie soit pensée dans sa complexité du 21ème siècle: écoresponsable et altruiste.

Pour discuter de cela, il aurait fallu que les questions posées aux participants le permettent et que s'entame un dialogue visionnaire et pas une juxtaposition de monologues de deux minutes. Englués dans leurs petits mondes et des questions simplistes, les acteurs politiques et économiques n'ont pas réussi à ouvrir les yeux sur le grand monde.

Heureusement un sommet économique n'est qu'une opération de relations publiques. Malgré ses défauts, il pourrait apporter beaucoup, si des acteurs se mobilisaient autour de projets créatifs et innovants. Demain ne devrait pas ressembler en tout point à hier: nous avons des choses à métamorphoser en acceptant de travailler dans la complexité du monde contemporain, ce qui passe par le dialogue et un minimum d'utopie pour guider les décisions.

Nicole Huybens verse son cachet à la campagne de développement de l'UQAC.

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