Les oublis du Sommet

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Cela est bien connu, l'économie des ressources naturelles est cyclique et avec la mondialisation, les gouvernements ne peuvent pas faire grand-chose pour pallier aux périodes creuses.

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Claude Villeneuve
Le Quotidien

Demain se déroule le Sommet économique promis par le gouvernement du Québec. Les participants choisis par l'organisation pourront y discuter autour de trois thèmes et tenter de répondre à neuf questions jugées importantes.

Malheureusement, cet exercice ne devrait pas nous amener bien loin. En effet, non seulement le sommet n'est-il pas ouvert à une diversité d'intérêts et de parties prenantes, mais il est mis en scène pour éviter qu'on se donne des chances de voir plus loin que les ornières traditionnelles où la région s'enfonce inexorablement depuis tant d'années.

La pauvreté des thèmes retenus est déplorable. À l'exception d'une préoccupation pour la partenariat avec les Innus dans le thème 3 et une exploration du territoire numérique dans le thème 2, on ne retrouve rien de bien innovant dans les questions à discuter. Le sommet portera essentiellement sur les moyens d'exploiter encore plus les ressources naturelles. Les créneaux traditionnels restent dominants et on y ajoutera un volet sur l'exploitation des mines. Pourtant, le créneau des ressources naturelles est le plus risqué de tous.

Cela est bien connu, l'économie des ressources naturelles est cyclique et avec la mondialisation, les gouvernements ne peuvent pas faire grand-chose pour pallier aux périodes creuses. Pire encore, le développement des ressources naturelles a peu à voir avec les entreprises locales. Ce sont les capitaux étrangers qui sont dominants dans ce marché. Comme nous avons pu le constater maintes fois, le développement régional ne pèse pas lourd dans les décisions d'affaires. C'est le rendement sur investissement qui reste prépondérant.

À mon sens, le sommet sera un rendez-vous manqué. Il y a 25 ans, lors du dernier sommet économique régional, le premier projet qui était sorti de l'exercice était de créer une région laboratoire du développement durable. Cela nous a permis d'implanter l'éco-conseil à l'UQAC. Une telle innovation ne sera pas possible cette fois-ci. Bien sûr, on discutera de projets valables, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Mais nos réels enjeux de développement ne sont pas de reproduire le passé. Il faut au contraire construire l'avenir pour se donner une qualité de vie qui augmentera l'attrait de notre région.

Dans la préparation du présent sommet, un mécanisme de filtrage empêchait que des projets portant sur les réels enjeux de développement durable de la région soient pris en considération. Pour cela, il aurait fallu rendre explicites des enjeux qui semblent écartés. Par exemple, la réduction des inégalités et de la pauvreté devrait être un enjeu de développement régional. Cela passe par une amélioration de l'éducation et des projets comme le CREPAS. Cela demande aussi une amélioration de la santé collective avec des initiatives comme le Grand Défi Pierre Lavoie, mais aussi la promotion d'une meilleure alimentation, la création de circuits courts pour les produits alimentaires régionaux, la promotion de l'agriculture biologique et du transport actif et collectif. La réduction de la dépendance au pétrole est aussi un enjeu fondamental. Malgré la Loi sur le développement durable, le gouvernement n'y a jamais fait référence dans sa préparation. En sera-t-il question au Sommet? J'en doute.

Pourquoi devrions nous nous intéresser à de telles questions? C'est simple. Nous vivons au 21e siècle, celui de la société de l'information. En ce sens, l'éducation et la recherche sont des atouts pour l'avenir. Une université en santé fera beaucoup plus de différence qu'une chimérique aluminerie supplémentaire qu'elle soit à Dolbeau ou à Falardeau! J'espère que quelques voix s'élèveront pour dénoncer le manque d'imagination de nos élites. Cela vaut la peine d'y réfléchir.

Claude Villeneuve remet son cachet au fonds de développement de l'UQAC

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