Le vrai moyen de récupérer

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Périodiquement, la consignation des bouteilles de la Société des alcools du Québec réapparaît dans le paysage.

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Karel Ménard
Le Quotidien

Périodiquement, la consignation des bouteilles de la Société des alcools du Québec réapparaît dans le paysage. Généralement, on en parle quand les actualités sont un peu plus avares en nouvelles dignes d'intérêt. Je sais de quoi il en retourne, voilà plus de 20 ans que je travaille en environnement et que je suis à même d'observer ce genre de phénomènes, avec ce dossier en particulier. Ce sont des sujets avec des orbites elliptiques. Des fois, on se dit que c'est la bonne, d'autres fois, on ne peut qu'observer l'intérêt général sur la question s'amenuiser, impuissant.

Dans les faits, il faut savoir que c'est quand même la grande majorité du verre que nous mettons dans nos bacs de recyclage qui finira sa vie utile au dépotoir, sous une forme ou une autre. Que la nouvelle fasse la une des médias ou pas. En toute bonne foi, beaucoup croyaient qu'en le déposant dans le bac, on allait lui donner une noble seconde vie. Ce sentiment du devoir accompli, ce geste concret que nous posions pour sauver la planète, et bien, tout ça en prend un dur coup ces temps-ci. Et c'est tant mieux! Peut-être cela nous permettra-t-il de repenser la façon dont nous récupérons nos matières recyclables.

Le verre que nous mettons pêle-mêle avec d'autres matières dans nos bacs de récupération se casse et se contamine tellement au contact de celles-ci qu'il est, à toute fin pratique, impossible de le réintroduire dans un quelconque cycle de production. Pour sauver les apparences, notre société d'État, RECYC-QUÉBEC, précise qu'il est valorisé en tant que matériel de recouvrement ou pour faire des chemins d'accès dans les dépotoirs de la province. C'est entre autres choses ça qui mine le présent débat: l'acharnement que certains manifestent à vouloir nous faire croire à tout prix que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Non seulement ce verre finit-il sa vie au dépotoir, mais il en coûte beaucoup également à le ramasser en bordure de rue, à le transporter et à le traiter dans nos centres de tri. Sans parler des coûts reliés à l'usure prématurée des camions et des équipements due à son contact. Sans compter non plus les impacts économiques négatifs associés à sa présence lorsqu'il s'immisce au sein des autres matières, à la contamination que sa simple présence crée, dans le papier ou le plastique, pour ainsi dire.

Il faut savoir quelques petites choses bien simples afin de bien saisir les enjeux. Premièrement, la problématique actuelle ne concerne que le verre récupéré de façon pêle-mêle dans nos bacs de collecte sélective municipale. Le verre qui est récupéré par le biais d'une consigne, lui, n'est pas en contact avec d'autres matières et trouve facilement preneurs, et à bon prix même.

Deuxièmement, ce n'est pas un problème de marchés. Les marchés existent ici même au Québec pour cette matière. Les compagnies de recyclage doivent toutefois se contraindre à importer cette matière de provinces ou d'États américains dans lesquels une consigne sur les contenants de boisson en verre existe. Dire que la solution à la crise du verre va venir de la création de nouvelles technologies de recyclage est un leurre.

Le problème n'en est pas un de marché ni d'une fausse opposition entre la consigne et la collecte sélective. Le problème et que nous récupérons -et depuis trop longtemps- cette matière de la mauvaise façon. Nous créons un problème en récupérant le verre mélangé avec les autres matières dans nos bacs. Nous évitons un problème et créons de la richesse lorsque nous récupérons le verre via un système de consigne.

Cette consigne sur les contenants de boisson en verre que nous proposons, est simplement un mode de collecte très efficace, éprouvé, et qui permet le recyclage du verre ainsi récupéré à des taux frôlant les 100%. Ce n'est pas un dogme, simplement une solution concrète répondant à un problème concret. La question n'est pas de savoir ce que va coûter l'imposition d'une consigne sur les bouteilles de la SAQ, mais bien combien cela nous coûte-t-il actuellement et quels seront les coûts de notre inaction?

Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

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