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L'acceptabilité sociale est devenue une préoccupation majeure, les... (Photot d'archives)

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L'acceptabilité sociale est devenue une préoccupation majeure, les conséquences des changements climatiques sont mieux documentées, le béluga et le caribou forestier sont des espèces en danger.

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Nicole Huybens
Le Quotidien

Les programmes en éco-conseil ont fait l'objet d'une évaluation approfondie par des diplômés, des étudiants, des employeurs et bien sûr les professeurs et chargés de cours. Une question a occupé le groupe: doit-on maximiser l'efficacité des étudiants à répondre aux besoins de leurs employeurs, et donc former des personnes bien adaptées au milieu du travail, ou bien accompagner des personnes capables de penser les changements qu'ils apporteront à une société qui s'effrite et s'égare?

Quand nous avons commencé à former des éco-conseillers, bien des choses étaient différentes: pas de loi sur le développement durable, pas d'aménagement écosystémique en forêt, pas de Plan Nord. L'acceptabilité sociale est devenue une préoccupation majeure, les conséquences des changements climatiques sont mieux documentées, le béluga et le caribou forestier sont des espèces en danger. Avec le temps, et pourtant en si peu de temps, les sciences ont progressé, l'économie s'est plus mondialisée, les riches sont plus riches et comparativement les pauvres plus pauvres. La société civile change de visage et les idées sur la démocratie changent aussi. Des techniques nouvelles bouleversent le travail. Par contre, rien de nouveau sur le front de la photosynthèse ou de la chimie de l'eau !

Adaptation

L'adaptation du programme en éco-conseil aux réalités changeantes du monde est prise en considération chaque année. Mais avec un monde aussi insaisissable, nos diplômés d'il y a dix ans ont reçu des cours un peu différents de ceux suivis par leurs futurs collègues, même si la base scientifique de leur formation a peu changé. Contrairement à une idée répandue, l'université ne fonctionne pas en vase clos et les professeurs ne vivent pas dans une tour d'ivoire. Le monde est un paquet d'incertitudes, rien n'est jamais comme avant, on ne peut faire face à tant de complexité en enseignant des savoirs scientifiques et des outils qui ne traverseront probablement pas tous le temps, même si ce sont les meilleurs savoirs et les meilleurs outils d'aujourd'hui.

L'évidente adaptation des cours au contexte social ne répond cependant pas à la question: devons nous former des «faiseux» ou des «réfléchisseux»? Entre les deux nous ne pouvons choisir. Il faut que les éco-conseillers disposent de connaissances scientifiques et d'une panoplie d'outils pour agir dans le monde du travail d'aujourd'hui et y trouver l'accomplissement professionnel qu'ils recherchent. Mais il faut aussi qu'ils apprennent à résister aux «prêts à penser», s'ils veulent acquérir la liberté nécessaire pour métamorphoser le monde.

Nous n'innovons d'ailleurs pas dans ce domaine: «L'autonomie face aux gouvernements, aux églises, aux personnes morales et autres institutions ou groupes d'intérêt est essentielle à l'accomplissement du rôle de l'Université» peut on lire dans la convention collective des professeurs. C'est notre devoir de former des adultes libres de choisir le monde auquel ils vont participer et pas seulement de les former à s'adapter au monde d'aujourd'hui. Nos étudiants doivent savoir que le changement auquel ils veulent participer les amènera nécessairement sur des sentiers qui ne sont pas encore battus. Apprendre à réfléchir, autrement dit apprendre à philosopher, est indispensable pour ne pas se perdre entre adaptation et changement. Alors entre l'adéquation au marché du travail et la réflexion consciente nécessairement en marge, nous décidons de former des réfléchisseux qui sont aussi des faiseux! Car nous pensons avec nos étudiants qu'aujourd'hui doit changer de l'intérieur et que demain n'est pas écrit.

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