Un camp de pauvreté

Et comme le disait si bien l'ami George... ((Archives Le Quotidien))

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Et comme le disait si bien l'ami George Orwell dans la Ferme des animaux: «Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres».

(Archives Le Quotidien)

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Joël Martel
Le Quotidien

Je vais commencer un peu raide, mais je suis totalement pour le travail forcé.

Même que si j'étais ministre, je proposerais immédiatement un programme bien spécial qui forcerait certains types d'individus à occuper un emploi.

Tout d'abord, je viserais les personnes qui sont nées dans des familles ayant des revenus supérieurs à la moyenne. Car trop souvent, les «gosses de riches» ne savent juste pas qu'est-ce que ça implique de travailler. Et là, je ne vous parle pas d'aller ramasser des balles au country-club de papa où tous les membres se connaissent et surtout, qui savent très bien qui est le père de qui.

Non non. Je vous parle d'une vraie job. Comme par exemple, de travailler dans un magasin Yellow à aider des gens à se trouver une bonne paire de souliers. Ou bien dans un Tim Hortons à répondre à des centaines de clients qui n'en ont rien à foutre de qui tu es et qui veulent juste leur café tout de suite.

Évidemment, tout ça vous semble probablement absurde, mais je serais très curieux de savoir à quel point ça pourrait changer la perception que bien des gens aisés ont du «petit peuple». Et là, quand je vous dis ça, c'est que des privilégiés, il y en a à la tonne. Et ils ont droit de l'être. Or, ça serait de leur rendre service de leur faire comprendre la réalité de la majorité de la population. Un peu comme lorsque tu prends en photo quelqu'un qui a toujours un air bête et que là, tu lui montres de quoi il a l'air quand il n'est pas obligé de se forcer à sourire.

Et puis tant qu'à y être, au lieu d'envoyer nos jeunes privilégiés pendant l'été dans des trucs à l'international, je les obligerais à faire un camp de pauvreté. Oui oui. Comme un camp d'été, sauf que là, pendant un mois, tu dois partager la place avec plein de monde dont la face ne te revient pas, tu es obligé de faire une job de «cul» pour quelques maigres dollars et que, quand bien même que tu couperais un repas par jour, tu sais que tu ne réussiras jamais à arriver. Je vous le dis, en offrant une fois dans leur vie un camp de pauvreté à chaque gosse de riche, on pourrait peut-être osé espérer qu'un jour, on aurait deux ou trois politiciens qui comprendraient à quel point que tout est croche quand tout ce que la vie à t'offrir, c'est un sac de pinottes pis une banane noire.

Ah... et puisque le temps file et que parti comme c'est là, on va finir par faire sauter la planète bien avant que les Nordiques reviennent à Québec, je serais tenté de proposer que mon beau programme soit rétroactif. Ce qui veut dire que toutes les personnes qui sont nées dans une famille à revenus supérieurs devraient faire un camp de pauvreté, peu importe leur âge. Quant à ceux et celles qui souhaiteraient y échapper, elles devraient présenter un certificat attestant qu'elles ont déjà tiré le diable par la queue pendant une période d'au moins 60 jours dans leur existence.

Maintenant, vous me direz que mon programme relève du délire et que je ne pourrais jamais faire passer ça et sachez-le, vous avez tout à fait raison. Parce qu'entre vous et moi, qui pourrait accepter que l'on prenne des décisions importantes qui auraient un impact significatif sur leur qualité de vie, et ce, sans même leur donner le choix? Personne!

Et pourtant, lorsque c'est celui qui est tout en haut de l'arbre qui en décide ainsi, les autres n'ont pas leur mot à dire.

Ouep. On se fout solidement de notre gueule les copains.

Et comme le disait si bien l'ami George Orwell dans la Ferme des animaux: «Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres».

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