La coupe est pleine, Monsieur le Ministre

Il faudra dorénavant débourser 29,84 $ pour se... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Il faudra dorénavant débourser 29,84 $ pour se procurer un permis de pêche. La majoration de 6 $ (42 pour cent) ne réjouit personne mais au moins, le gouvernement Couillard n'a pas tardé à tenir sa promesse de réembaucher les 16 agents de protection de la faune délestés l'an dernier lors de compressions.

Archives La Tribune, René Marquis

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Monsieur le Ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, vous allez finir par tuer l'industrie de la chasse et de la pêche avec vos taxes et vos hausses de permis. Je connais assez bien la bande de gars et filles qui pratiquent ces activités et si vous pressez trop le citron, vous allez les perdre; ils vont sacrer le camp.

Si les chasseurs et pêcheurs décident de sortir du bois parce qu'ils sont écoeurés de faire rire d'eux, je vous jure qu'ils ne reviendront pas. Ils vont vendre leur «réguine» et vont se mettre à jouer au golf, à faire du vélo ou à se bercer sur la galerie. N'en jetez plus, la cour est pleine.

Chaque fois que vous en ajoutez, vous perdez des joueurs. Vous rappelez-vous quand vous avec voulu augmenter les baux de villégiature en forêt? Les villégiateurs ont fondé le Regroupement des locataires des terres publiques pour vous faire comprendre que vos augmentations n'avaient pas de sens. Les amants de la nature ont réussi à freiner vos ambitions, mais on a perdu des joueurs dans ce dossier.

Un moment donné, vous nous avez obligés à suivre un cours de conducteur d'embarcation nautique, une vraie niaiserie qui n'a jamais fait de nous de meilleurs conducteurs de chaloupe, mais on s'est conformé pour acheter la paix en payant une quarantaine de dollars pour une arnaque.

Ensuite, vous nous avez fait dépenser des milliards pour un registre d'armes à feu que vous avez fini par passer dans la déchiqueteuse, sans compter qu'on doit maintenant suivre deux cours au lieu d'un pour avoir le droit de chasser et d'acheter des armes. Pire encore, le gouvernement provincial propose d'injecter encore 30 millions $ dans un registre dont tout le monde sait que ça n'empêche en rien la criminalité. Vous commencez à nous tomber sur les nerfs.

Je connais des gens qui ont abandonné la pêche au lac Saint-Jean depuis qu'il faut débourser près de 100 $ pour obtenir un droit d'accès de la Corporation LACtivité pêche qui gère l'Aire faunique communautaire que le lac est devenu. Ces gens pêchent maintenant une fois par année au bout de leur quai pendant la Fête de la pêche. Durant cette fête, ils peuvent pêcher sans acheter de permis et sans droits d'accès.

Quand un pêcheur décide qu'il décroche, je vous jure qu'il retourne à l'eau comme un poisson qui ne mordra plus à l'hameçon.

Depuis le 27 mars, le coût d'un permis de pêche est passé de 20,96 $ à 29,84 $. Celui de chasse à l'orignal a grimpé de 13 $, allant de 59,92 $ à 72,57 $. Les adeptes de petits gibiers débourseront quant à eux 23,98 $ au lieu de 19,35 $ et le permis pour le piégeage est passé à 30,32 $.

On commence à être tannés. Vous savez, on n'est pas caves à temps plein. Un moment donné, vous allez toucher au point de rupture et on va accrocher nos cannes à pêche. On va troquer nos bottes de chasse pour des souliers de course ou un vélo, ou des raquettes, ou des lunettes d'approche pour observer les oiseaux, ou des kayaks pour se promener sur des lacs et rivières en buvant des bouteilles d'eau. On n'a pas besoin de permis et de suivre des cours pour pratiquer ces activités.

Un bon matin, les amateurs de chasse et pêche vont se débarrasser de leurs camps en forêt pour les vendre à des amateurs de motoneige. Ils vont se débarrasser de leur bateau à moteur, de leur VTT, de leurs armes à feu, pour investir leur argent dans un condo en Floride.

Les amateurs de chasse et pêche étaient bien d'accord dans le passé d'absorber des augmentations pour financer la Fondation de la faune ou des investissements pour la protection et la mise en valeur des habitats fauniques. Mais se faire rançonner pour financer un registre des armes ou pour défrayer les coûts des policiers en temps supplémentaire pour les regarder tirer des bombes lacrymogènes dans la figure de nos enfants, là je décroche.

La coupe est pleine, il n'en manque pas beaucoup pour que je me convertisse à l'observation de la faune.

On manque d'agents de protection de la faune, on manque de biologistes, on coupe dans les budgets de recherche, les gestionnaires bénévoles de nos territoires sont à bout de souffle et leurs activités sont sous-financées. On risque de se retrouver avec un paquet de monde dans le bois qui n'achètera pas de permis et qui va se mettre à braconner parce qu'il n'y a plus de surveillance sur les territoires.

Méfiez-vous du point de rupture, Monsieur le Ministre.

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