Le péril demeure

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On s'attend surtout à ce que le premier ministre Philippe Couillard, responsable de la région, et son adjoint parlementaire pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Serge Simard, tendent une oreille attentive aux PME innovatrices qui comblent progressivement les emplois que la haute technologie et la concurrence planétaire arrachent à notre grande industrie.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Le modèle québécois est dangereusement ébranlé, mais ce n'est pas encore l'apocalypse. Malgré les protestations de l'Opposition et les cris horrifiés des syndicats de la fonction publique et autres groupes de pression, les Québécois auront survécu au virage vers l'équilibre budgétaire.

Après un demi-siècle de Révolution tranquille, les revenus franchiront le cap des 100 milliards $, mais le gouvernement devra prélever plus de 10% de cette somme, plus précisément 11 milliards $, pour défrayer l'intérêt. Et si le ministre Martin Coiteux continue à garder la main ferme sur le trésor public, le gouvernement pourra consacrer une somme relativement modeste d'un milliard et demie $ au remboursement de notre monstrueuse dette collective qui s'élève à quelque 305 milliards $.

Maurice Duplessis

Même si les opposants de Maurice Duplessis qualifient de Grande Noirceur les 15 années durant lesquelles il a régné, après la Deuxième Guerre mondiale, avec les armes du patronage, reconnaissons néanmoins au fondateur de la défunte Union nationale le mérite d'avoir préservé la comptabilité de l'État des grandes dérives politiciennes.

À son premier discours sur le budget, le 14 avril 1961, le premier ministre libéral et titulaire des Finances, Jean Lesage, constatait que la dette consolidée de 306 millions $ était bien inférieure à celle de l'Ontario qui frôlait le milliard et demie $. « Dans ces conditions, le marché absorbera sans doute facilement les emprunts plus nombreux qui devront être effectués pour promouvoir l'essor de la Province. »

C'est ainsi que les gouvernements libéraux et péquistes qui se sont succédé depuis cette époque ont développé le Québec et mettant évidemment l'accent sur l'éducation et la santé, deux missions majeures qui avaient été essentiellement assumées, avec compétence et générosité, par des communautés religieuses, jusqu'à la Révolution tranquille.

La laïcisation est une conversion nécessaire dans un État moderne, mais elle coûte énormément cher. Et peu de politiciens résistent aux sollicitations de partisans gourmands et de leaders toujours déterminés, contre toute logique, à réaliser leurs rêves les plus extravagants en refilant la facture aux contribuables impuissants de la classe moyenne. Songez aux projets fous du retour des Nordiques ou des Expos, de la construction de TGV Québec-Windsor et Montréal-New-York alors que l'État manque à ce point de ressources qu'il doit plonger la main dans la Caisse de Dépôt et de Placement, le bas de laine des Québécois, pour financer la modernisation de réseau routier de la métropole après avoir englouti une dizaine de milliards $ dans la reconstruction de trois hôpitaux universitaires.

Le sommet économique

Dans ses manoeuvres pour parvenir à l'équilibre budgétaire, le gouvernement a neutralisé l'influence des maires Labeaume et Coderre en leur accordant un traitement de faveur. Comme au Moyen-Âge, le roi doit toujours se méfier de barons trop puissants. L'austérité fiscale est donc plus douloureuse ailleurs au Québec, surtout dans les municipalités « éloignées ».

Chez nous, on espère bien que le Sommet économique du 18 juin prochain à Alma apportera des solutions concrètes à nos problèmes de développement. On s'attend surtout à ce que le premier ministre Philippe Couillard, responsable de la région, et son adjoint parlementaire pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Serge Simard, tendent une oreille attentive aux PME innovatrices qui comblent progressivement les emplois que la haute technologie et la concurrence planétaire arrachent à notre grande industrie.

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