Les malaises d'un maire

Gilles Potvin, de Saint-Félicien.... ((Archives Le Quotidien))

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Gilles Potvin, de Saint-Félicien.

(Archives Le Quotidien)

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Gilles Potvin
Le Quotidien

J'ai mal à ma région parce que le composite bois/aluminium que j'ai mis tant d'années à développer est menacé par une concurrence déloyale et constante de mes compétiteurs. J'ai mal à ma région parce que le papier que je produis depuis 100 ans est devenu encombrant pour nos consciences écologiques. J'ai mal à ma région parce qu'elle oublie trop facilement la valeur et les efforts de développement d'un produit touristique de calibre international qui nous distingue. J'ai mal à ma région qui tarde à reconnaître une cohabitation incontournable et fructueuse avec les Premières Nations qui nous ont accueillis. J'ai mal à ma région qui tarde à intégrer à ses couleurs l'azur exceptionnel qui nous caractérise. J'ai mal à ma région qui a la critique acerbe et la reconnaissance parcimonieuse. J'ai mal à ma région parce que mon lac n'est jamais au bon niveau. J'ai mal à ma région parce que nous ne savons plus entonner ensemble les louanges à la gloire de notre territoire et à son avenir...

LES REMÈDES SUGGÉRÉS

Après avoir diagnostiqué ces quelques maux qui m'affligent depuis plus de 30 ans, nombre d'années où j'évolue en développement économique, il m'importe de partager ici quelques pistes de solution pour améliorer notre condition et recouvrer le tonus nécessaire pour affronter les nombreux défis qui nous confrontent.

D'abord, il faut admettre que la fonction de maire de Saint-Félicien que j'assume depuis dix ans recèle de nombreuses responsabilités, mais surtout des plus étonnantes. En effet, la fonction nous autorise le mariage et de plus en plus la confession ce qui n'est pas banal; mais le plus étonnant c'est que l'on requiert notre intervention pour solutionner une multitude d'indispositions tant sociales qu'économiques.

Aussi, j'ai dû me forger une définition plus précise du mandat de gestion du bien commun que l'élu doit assumer, c'est-à-dire: «l'ensemble des maux individuels pas tout à fait guéris mais endurables...»

Voilà donc une première recette que j'aimerais partager avec la région pour amorcer la réflexion nécessaire au succès de notre grand rendez-vous de juin prochain. Ainsi, une nouvelle compréhension des mots solidarité et tolérance s'imposent alors que des acquis seront compromis au cours des prochaines années et qu'un nouveau partage sera nécessaire pour conserver un minimum d'homogénéité sociale à travers la région.

Mais davantage aurons-nous besoin de tolérance mutuelle pour accepter ces bouleversements que nous vivrons ensemble pour assurer un avenir à nos territoires et mettre en valeur leur potentiel; de la forêt à l'eau qui commande un nouveau mode de gestion et de partage, il faut définitivement admettre que le remède ne sera pas facile à avaler. Cependant, il faut y parvenir et les quelques suggestions suivantes pourraient nous aider à le faire: capitaliser 50% des redevances sur les ressources naturelles (forêt, eau, mines), pour les cinq prochaines années, à titre de fonds d'urgence pour le redéploiement de l'économie régionale, affecté spécifiquement à l'optimisation de la transformation et l'établissement de nouveaux créneaux de diversification. Le Québec perçoit 1,5 milliard de dollars de redevances annuelles sur ses ressources, réclamons notre proportion.

Valoriser l'efficacité énergétique en favorisant l'implantation de réseaux thermiques pour la production serricole d'envergure autour de la grande entreprise (pâte et papier et aluminium) et lançons un vaste chantier d'autonomie alimentaire.

Renforcer l'image distinctive de nos produits touristiques porteurs en instaurant un nouveau label de certification «Bleue authentique». Augmenter la marge de manoeuvre des municipalités pour soutenir le développement, en favorisant par exemple un accès plus facile à la taxe sur l'essence pour celles qui n'ont pas de transport en commun.

Enfin, le plus grand défi consiste à réaliser ces démarches au sein d'une concertation déficiente et d'un ascétisme inconnu jusqu'à maintenant.

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