FSC: voir autrement

«Best Buy» et «3 M» se sont engagés... ((Archives Le Quotidien))

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«Best Buy» et «3 M» se sont engagés à acheter du papier estampillé FSC suite aux actions de Greenpeace et de ForestEthics.

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Nicole Huybens
Le Quotidien

«Best Buy» et «3 M» se sont engagés à acheter du papier estampillé FSC suite aux actions de Greenpeace et de ForestEthics. Les normes volontaires utilisées par l'industrie répondent à la loi du marché. En adopter une plutôt que l'autre n'est pas d'abord une affaire d'engagement militant, c'est une décision économique.

«Best Buy» et «3 M» se sont engagés à acheter du papier estampillé FSC suite aux actions de Greenpeace et de ForestEthics. Les normes volontaires utilisées par l'industrie répondent à la loi du marché. En adopter une plutôt que l'autre n'est pas d'abord une affaire d'engagement militant, c'est une décision économique.

Le marché demande des produits certifiés, les entreprises vont les produire pour continuer à opérer et demeurer crédibles pour les actionnaires. Certains environnementalistes utilisent aussi une stratégie de marché. En travaillant à diminuer la demande pour les bois non certifiés par la norme qu'ils considèrent comme la meilleure, ils sont crédibles pour leurs membres et peuvent eux aussi continuer à opérer. La loi du marché a des effets pervers sur le partage des richesses et ne change évidemment pas notre relation à la nature. Best Buy va continuer à faire de la publicité pour vendre le plus possible, le moins cher possible à plus de gens. 3M va acheter de la fibre certifiée FSC... mais elle continuera à produire la même chose, peut-être même plus en raison de la publicité reçue grâce à la polémique! Pas sûre que cet effet rebond va profiter aux forêts du monde.

Les standards de la loi au Québec ne sont pas si éloignés de la certification FSC pour les forêts qui ont déjà été exploitées dans le passé ou s'il n'y a pas de caribou sur le territoire. Mais les unités d'aménagement de Resolu au Saguenay-Lac-Saint-Jean se situent dans des forêts qui n'ont encore jamais été exploitées au sud de la limite nordique d'attribution. Au 21e siècle, la question fondamentale des écosystèmes «intacts» se pose avec acuité.

Je pense que nous devons renoncer à exploiter certaines forêts primaires même dans des territoires sous aménagement, comme nous devons protéger notre fjord et laisser s'épanouir le caribou. Parfois, il faut accepter que la nature évolue seule, au gré des aléas et du temps qui passe. Et je pense en même temps que notre «nature humaine» c'est aussi de nous servir de la nature pour bien vivre et d'être les  créateurs» du monde «naturel». Et je suis prête à discuter des modalités complexes de la mise en oeuvre de cette double certitude avec quelqu'un qui ne serait pas d'accord, pour faire évoluer autant mon point de vue que le sien!

Car la prospérité responsable nécessite des interactions constructives entre humains. Camper chacun sur ses positions permet de montrer qu'il y a un problème, pas de le résoudre. Pour le moment, je doute qu'il y ait possibilité de discussion et de dialogue féconds tellement le conflit est polarisé. Il faut trouver autre chose.

Si j'étais Résolu, je demanderais aux autres forestières de se tourner vers la norme CSA. C'est difficile de devenir partenaires quand on est compétiteurs, mais le marché ne va pas s'effondrer si le bois certifié au Québec utilise cette norme reconnue mondialement et d'ailleurs intégrée dans la norme européenne PEFC.

Si j'étais militant de Greenpeace ou ForestEthics, je proposerais une discussion de fond sur la relation que l'Homme doit avoir avec la nature aujourd'hui pour mieux porter la mission si indispensable de ces groupes, sans alimenter la discorde sociale, car le nom de l'organisation contient «peace», ou les lois du marché, car le nom contient «ethics».

Si j'étais le maire de Saguenay, je défendrais la Loi sur la forêt. Et si j'étais décideur au ministère, je tenterais d'obtenir une position claire sur le rétablissement du caribou...

Mais je suis une intellectuelle, alors j'écris une chronique, car pour trouver des solutions inédites à un problème, il faut d'abord le voir autrement.

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