Le pacte CSN Greenpeace

Engelbert Cottenoir, président du Conseil central CSN Saguenay-Lac-Saint-Jean,... ((Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens))

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Engelbert Cottenoir, président du Conseil central CSN Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-Pierre Lebel, président du Syndicat des travailleurs de l'usine d'Alma, Jacques Létourneau, président de la CSN, et Alain Lampron, président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN), souhaitent le retour de la norme FSC pour PFR.

(Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Jean Tremblay et Philippe Couillard ont ébranlé les colonnes du temple Greenpeace en accusant le mouvement de vouloir détruire l'industrie forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Certes, le maire de Saguenay a prêté le flanc à une riposte d'une ampleur nucléaire en percevant derrière la façade anonyme de la multinationale de l'environnementalisme « les intellectuels de ce monde ». Toute la logique de son raisonnement s'est alors effondrée. Et l'une de ses cibles favorites, le député jonquiérois Sylvain Gaudreault, a profité de la brèche pour comparer les débordements de l'ancien maire Rob Ford, de Toronto, à l'image négative que Jean Tremblay projette sur la scène internationale.

La riposte du PM

Fort heureusement, le premier ministre a rapidement calmé le jeu. Il a profité de la présentation du budget de 175 millions $ qui sera consacré à l'amélioration du réseau routier régional, au cours des deux prochaines années, pour intervenir sereinement dans le débat. Deux chefs autochtones et plusieurs maires étaient présents au Delta de Jonquière, jeudi dernier, lorsque Philippe Couillard a lancé sa réplique à Greenpeace que Richard Garneau, le PDG de Résolu, rend partiellement responsable de la perte de 85 emplois, au début d'avril, à la papeterie d'Alma.

Il a reproché au mouvement écologiste d'être insensible au drame que vivent les familles de la région victimes des pressions exercées auprès des grands acheteurs de nos produits forestiers. « Et la solution, ça ne peut pas être de se trouver un autre emploi. Ce n'est pas de même que ça marche dans une région comme la nôtre ».

Claude Villeneuve, le directeur de la Chaire en éco-conseil de l'UQAC, le plus fervent écologiste au pays des Bleuets, avait tenu un discours analogue en décembre dernier. Il accusait alors Greenpeace d'utiliser des formules percutantes, simplifiées à l'extrême, pour dénoncer une réalité complexe impliquant la recherche, les écosystèmes et des travailleurs qui gagnent honnêtement leur vie en exploitant la forêt dans la vision du développement durable.

La CSN intervient

Vendredi, à la surprise générale, la CSN est venue au secours du mouvement écologiste. Engelbert Cottenoir, le grand patron de la centrale syndicale, s'est déplacé jusqu'à Alma avec sa garde rapprochée pour insister auprès de Résolu sur la nécessité de récupérer sa précieuse certification FSC (Forest Stewardship Council). Une norme incontournable, a-t-il insisté, pour accéder aux grands marchés.

Mais à quoi servirait-elle aux usines d'Alma, de Kénogami et de Dolbeau comme à la multitude de petits fabricants d'ici si elle n'est pas adaptée à la réalité régionale ? Elle accorde la priorité au caribou forestier dans l'exploitation de la forêt boréale et exige que les programmes de coupe soient soumis au consentement des peuples autochtones. Deux conditions qui sont la responsabilité de l'État.

Tout en confiant à l'ancien premier ministre Lucien Bouchard la difficile mission d'un compromis avec les représentants des Premières Nations, Philippe Couillard prévient Greenpeace que s'il vise l'interdiction des coupes industrielles dans la forêt boréale, le gouvernement manifestera son désaccord.

Dans ce contexte, la démarche de la CSN préserve les intérêts de ses syndiqués oeuvrant pour les concurrentes de Résolu qui ne sont pas soumises aux mêmes contraintes. Il ne reste finalement qu'un seul défenseur de la région suffisamment puissant pour libérer notre industrie forestière du carcan qui la paralyse. C'est le député de Roberval et premier ministre Philippe Couillard.

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