La «game» a changé

Il y a quelques jours, mon collègue et... ((Archives Le Quotidien))

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Il y a quelques jours, mon collègue et ami Roger Blackburn publiait une chronique dans laquelle il faisait part de son désarroi quant au réseau social Facebook.

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Joël Martel
Le Quotidien

Il y a quelques jours, mon collègue et ami Roger Blackburn publiait une chronique dans laquelle il faisait part de son désarroi quant au réseau social Facebook. Pour reprendre ses propres mots, il qualifiait le contenu qui y est généralement véhiculé d'insignifiant.

Cela dit, bien que mon point de vue à cet effet détonne absolument du sien, je peux très bien comprendre qu'il puisse ressentir cette impression. Or, je me permettrai respectueusement d'exprimer mon désaccord dans les lignes qui suivent.

Maintenant, par quoi débuter? Évidemment, par le grand nerf de la guerre d'Internet : les chats. Car disons-le, quiconque s'intéresse moindrement à la culture web vous confirmera que ce média appartient avant tout aux chats.

Mais bon, assez de plaisanteries comme ça, bien que la conspiration des chats soit en quelque sorte une demi-vérité. Pour dire vrai, très vrai même, ce qui m'a le plus déstabilisé dans les propos avancés par Roger Blackburn, c'est qu'il conclut sa boutade au sujet de Facebook en qualifiant le réseau social de mode qui finira bien par passer.

Certes, rien n'est éternel ici-bas. Tout finit par finir. Or, bien qu'on ait annoncé à de nombreuses reprises la mort à venir de Facebook, tout indique que la bête est là pour rester encore un bon moment. En dix ans à peine, le monstre a gobé une part effrayante des revenus publicitaires qui étaient, jusqu'à tout récemment encore, la chasse gardée des médias traditionnels. Et si vous osez en douter, ne faites que jeter rapidement un oeil au virage radical qu'ont pris certains médias jusqu'ici considérés comme traditionnels. À titre d'exemple, je citerai le Journal de Montréal qui attire les clics à grands coups de titres ambigus créant ainsi chez le récepteur un besoin viscéral d'en savoir plus.

La « game » a changé, comme le dirait la vaillante Paula de la défunte série télé médiocre Les jeunes loups. Tout est désormais pratiquement gratuit. En fait, le lecteur a tellement d'alternatives à sa disposition afin de s'informer que la nouvelle ou le traitement de la nouvelle ne sont presque plus un critère pris en compte par les consommateurs. Le défi de notre époque, c'est maintenant de savoir crier assez fort pour attirer l'attention du lecteur et surtout, savoir en révéler juste assez suffisamment afin de titiller le lecteur pour enfin arriver à la victoire ultime : produire un clic.

C'est là un geste banal pour l'internaute moyen, mais à cette époque de l'information-divertissement, chaque clic est une grande victoire. Pour vous faire une image simple, un clic, c'est un peu l'équivalent de cette époque pas si lointaine où vous deviez arrêter votre choix sur le journal que vous liriez cette journée-là et pour lequel vous acceptiez de débourser quelques sous. Bien que le fait de cliquer sur un article ou un billet de blogue ne vous coûte rien, ce clic engendre bel et bien des revenus publicitaires.

Mais avec tout ça, a-t-on complètement perdu de vue notre sujet principal? Pas du tout en fait. Car maintenant, selon une étude commandée par la firme spécialisée Shareaholic, 29.5 % du trafic généré sur le web provient des réseaux sociaux. Du coup, Facebook génère à lui seul 76 % de ce trafic et de septembre 2013 à septembre 2014, on a dénoté une croissance de 115 % de cette part de trafic. Ce n'est donc vraiment pas fini.

Alors en tant que membres actifs de la sphère médiatique, doit-on fermer les yeux en attendant que la tempête passe? C'est là une option envisageable. Du moins, si l'idée de faire partie des joyeux naufragés qui en écoperont ne nous effraie pas...

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