L'oeuvre des ancêtres

Le cineaste Jean-Claude Labrecque.... (PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le cineaste Jean-Claude Labrecque.

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Comme il a raison, le vétéran cinéaste Jean-Claude Labrecque, de reprocher à ses compatriotes québécois de creuser des trous de mémoire dans l'histoire de nos ancêtres! Il a profité, samedi dernier, de l'hommage que lui ont rendu ses pairs dans le cadre du 33e Rendez-vous du cinéma québécois pour déplorer cette indifférence de la part d'un peuple qui rêve d'indépendance.

Après un demi-siècle derrière la caméra, il attendait cet événement pour projeter Sur les traces de Maria Chapdelaine, un documentaire qui surgit à son esprit en 1960, à Paris, lorsqu'il eut l'agréable surprise de constater que les murs du restaurant Chez Duvivier étaient tapissés d'une quarantaine de photos prises lors du tournage de Maria Chadelaine, en 1934, à Péribonka. On peut visionner ce film au Musée Louis Hémon, tout comme la production franco-britannique tournée en Europe avec Michèle Morgan en 1950 et la dernière dirigée par Gilles Carle, avec Carole Laure, en 1983, dans la région de l'Outaouais.

On tourne... à Péribonka

« Je m'intéressais au fait qu'ils étaient venus de France en bateau, il y a quatre-vingts ans, raconte-t-il à la consoeur Odile Tremblay, dans Le Devoir, en transportant les caméras, les lumières, les génératrices, ignorant qu'il faisait froid. Quant aux gens de Péribonka, sans cinéma au village, ils ne savaient pas qui étaient Jean Gabin (François Paradis) et Madeleine Renaud (Maria). Voir débarquer cette gang-là fut tout un choc! ».

Mais quelle renommée cet exploit procurera à la région! Labrecque a finalement concrétisé son projet en 2013. Il s'est rendu à Péribonka à la recherche des anciens à travers les descendants. Et il eut la bonne fortune de découvrir un trésor inespéré, soit un documentaire de trois minutes à peine tourné dans les coulisses de la grande production cinématographique de Duvivier par un débrouillard de l'époque qui interrogeait le boulanger, le ferblantier, les enfants et les gens de la vie quotidienne.

Les grands oubliés

Je ne sais pas si Jean-Claude Labrecque a déjà assisté à une représentation de La Fabuleuse histoire d'un Royaume. Sinon, il devrait. Cette création du regretté Ghislain Bouchard, réalisée en 1988 avec son infatigable et combien génial Louis Wauthier, entouré d'une centaine de généreux bénévoles, démontre qu'au pays des Bleuets, des gens sont fiers de s'inspirer du passé. Les comédiens de La Fabuleuse sont en outre de précieux ambassadeurs quand des milliers de croisiéristes descendent de leurs luxueuses villes flottantes pour explorer le bout du monde après avoir sillonné le seul fjord habité d'Amérique.

La Pulperie et d'autres musées ouvrent également leurs livres d'histoire à la population et aux touristes. Mais les autorités politiques manifestent encore trop de timidité à saluer, de façon tangible, le courage de nos ancêtres. Depuis l'avortement, en 2006, du projet de déplacement au carrefour giratoire Talbot-Cartier du monument Price, situé à l'arrière de l'Hôpital de Chicoutimi, « les lieux de mémoire » imaginés en 2004 à l'intention du fondateur Peter McLeod, de J.-E.-A. Dubuc, et de Joseph-Dominique Guay demeurent hypothétiques.

Il faudrait aussi commémorer pour la postérité les oeuvres grandioses de Mgr Dominique Racine tout comme la contribution des religieuses et religieux à l'établissement des réseaux de santé et d'éducation ainsi que celle des Amérindiens au développement harmonieux de la région.

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