S'informer pour mieux décider

Georges Bouchard... ((Archives Le Quotidien))

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Georges Bouchard

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Georges Bouchard
Le Quotidien

Tout décideur et particulièrement les élus doivent maîtriser l'information pertinente aux affaires publiques avant de prendre une décision qui marquera le quotidien. Trop souvent, on vote sur une proposition dont on ne connaît pas toute la portée, sans la comprendre dans son essence et sans pouvoir la situer dans ses valeurs et dans celles de l'organisation. Les élus du Saguenay, comme ceux des autres villes ou d'autres paliers gouvernementaux, sont devant ce dilemme.

On ne peut se dire «ça doit être correct, faut se fier aux autres, je m'en remets au porteur de dossier» et dire par la suite «ce n'était pas mon dossier». Toute décision votée impute tous ceux qui l'on approuvée.

S'il est si important de comprendre et qu'il est du devoir de chacun de s'informer et de s'instruire au conseil de ville de Saguenay, alors pourquoi donc a-t-on aboli la rencontre de travail avant chaque réunion du conseil? Était-ce parce que cette rencontre ne remplissait pas son rôle? Même si elle n'était que de 30 minutes, elle ne pouvait être futile? Le besoin de commenter était-il plus grand que celui de s'informer? Si c'est le cas, je comprends que la majorité des élus aient opté pour mettre fin à cette pratique qui servait tout au moins une fois par mois à échanger des opinions ou à discuter de tout et de rien. D'ailleurs, si un élu attendait cette rencontre pour s'informer, il était «minuit moins une» pour prendre une décision réfléchie et documentée. Mieux vaut alors abandonner cette pratique que d'en sortir irrité et dérangé pour la séance publique.

Nous nous surprenons à voir la manière de faire de la politique municipale comme dans les années 90. On s'ennuie des confrontations, des grandes déclarations, voire même des engueulades. Ça plaisait à la population sans doute mais est-ce que c'était efficace? On regarde les débats à Québec ou à Ottawa et on retient beaucoup plus les attitudes que le contenu: paraître et faire mal paraître est souvent l'objectif de l'intervention et le motif d'informer la population est parfois un simple prétexte.

Les élus de Saguenay doivent maximiser leur travail à l'intérieur d'un cadre très différent de celui des années 90. Ce cadre fut établi par un décret lors des fusions de 2001. Ce décret, différent d'une ville à l'autre, s'est inspiré à Saguenay, des expériences antérieures et des comportements des acteurs politiques des années 70, où le gouvernement avait décrété la fusion de Jonquière, Kénogami et Arvida. Les acteurs en ont arraché, on a eu beaucoup de difficulté à faire l'unité et le développement régional en a souffert. Ces mêmes acteurs l'ont rappelé au premier ministre du Québec en l'an 2000 qui connaissait très bien la région. Ce dernier s'est assuré de faire différemment en 2001 en rédigeant le nouveau décret fusionnant les sept municipalités de Saguenay. Le décret établit trois paliers décisionnels, l'arrondissement, l'exécutif et le conseil de ville de la ville avec pour chaque palier des pouvoirs définis et concentrés de façon à assurer efficacité et contrôle. Le décret donne beaucoup de pouvoir à l'exécutif et le maire y retire l'autorité. C'est le maire qui détermine les élus qui font partie de l'exécutif. Aucun modèle politique n'est parfait, ce sont les acteurs en faisant partie qui le rendent efficace et le maire ne se départit pas de ses pouvoirs. Il les exerce avec vigueur et il en est redevable et imputable à la population.

Il y a donc, dans ce modèle, place pour l'autorité et le contrôle oui, mais aussi place pour tous les élus qui veulent bien y travailler à faire avancer leurs dossiers et ceux de la ville. Il n'y a plus de séance de travail qui précède la séance du conseil pour s'informer supposément, soit, mais n'ayez crainte, il y a suffisamment d'endroits, d'occasions et d'espace: réunions, comités, groupes de travail, commissions où s'impliquer et si ce n'est pas assez, qu'on propose d'autres moyens et qu'on le vote démocratiquement comme on l'a fait pour enlever la séance de travail précédant le conseil.

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