Formule à revoir

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Lorsque reviendra fatalement le débat sur le maintien ou non des commissions scolaires, il faudra se souvenir de la « loto-profs ».

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Normand Boivin
Le Quotidien

(Chicoutimi) Lorsque reviendra fatalement le débat sur le maintien ou non des commissions scolaires, il faudra se souvenir de la « loto-profs ». Non pas que l'organisme est dépassé, mais c'est manifestement la formule de gouvernance, laissée aux seuls citoyens sans l'apport de professionnels et de travailleurs du milieu, qu'il faut revoir de toute urgence.

En quelques mois, le cafouillage déclenché par l'assemblée des commissaires, des gens plein de bonnes intentions, mais qui n'ont pas tous les compétences nécessaires pour gérer des relations de travail et des conventions collectives, a traumatisé une cohorte de jeunes enseignants qui, de statut de professeurs suppléants, vont bientôt se retrouver chômeurs.

« Le rôle de la commission scolaire est d'embaucher le nombre de professeurs nécessaire à ses besoins, pas à fournir du travail à tous les professeurs finissants de l'université », a commenté sa directrice générale, Christine Tremblay.

Fort bien. Elle a tout à fait raison. Sauf que depuis six mois, ces nouveaux arrivés ont vécu sous le nouveau régime imposé par la commission scolaire, se sont prêtés aux règles du jeu et ont commencé à construire un avenir qui leur glisse maintenant entre les doigts.

Car en mars, près d'une cinquantaine d'entre eux vont se faire dire qu'ils ne seront plus rappelés pour remplacer les professeurs absents, qu'il y a trop de monde.

Le problème, c'est qu'avant la trouvaille de la « loto-prof », qui a apporté beaucoup plus de problèmes que de solutions, le système faisait lui-même le tri entre le bon grain et l'ivraie.

L'enseignant en devenir, à sa dernière année de formation, faisait des stages dans les écoles où, supervisé par le professeur titulaire, il agissait comme professeur. À l'issue de ce stage, le professeur titulaire était en mesure d'évaluer les compétences du nouvel enseignant et « le plaçait sur la liste de l'école ». Le nouveau professeur diplômé était donc privilégié pour les remplacements.

À l'époque, les commissaires ont décrété que cela donnait trop de pouvoir à la secrétaire d'école qui avait pour tâche de téléphoner aux enseignants suppléants lorsqu'il y avait un prof absent à l'école. Car, il faut bien se le dire, le système avait aussi des failles par lesquelles certaines personnes « bien connectées » pouvaient se faufiler. D'où la trouvaille de la « loto-prof », grâce à laquelle tout le monde, compétent ou pas, s'est retrouvé sur un pied d'égalité, soumis à la sélection aléatoire d'un ordinateur.

Cela veut dire que le jeune enseignant qui avait fourni une bonne performance lors de son stage l'an dernier, et qui a perdu l'avantage que sa compétence lui donnait lors de l'instauration de la « loto-prof » en septembre, se fait maintenant dire : « s'cusez, on s'est trompé, on fait table rase et on repart à zéro. Sur les 122 professeurs suppléants dans nos listes, on va en sélectionner 75 ». Depuis que l'information a été rendue publique, c'est la panique chez les jeunes profs.

Que l'on se comprenne bien : il faut évidemment prendre le temps d'évaluer ceux qui enseignent à nos enfants. L'ancienne formule, d'avant la « loto-prof », n'était pas parfaite, mais à la longue, elle permettait d'éliminer les personnes moins compétentes. On a joué aux dés avec la réforme de septembre, et ce jeu des essais et erreurs pratiqué par la commission scolaire fera évidemment des victimes; mais pas autour de la table des commissaires.

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