Culture en péril

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Joël Martel
Le Quotidien

Je ne vous l'apprendrai pas, nous ne vivons pas dans un monde idéal. Mais vraiment pas. Et puisqu'on y est, je peux vous confirmer que c'est encore moins rose en ce qui a trait à la place consacrée aux arts et à la culture dans nos médias. Et ici, vous noterez l'emploi du déterminant «nos».

Ici comme ailleurs, il y a une certaine confusion quant aux arts et à la culture. Pour se faire une petite idée rapide, on n'a qu'à jeter un coup d'oeil aux bulletins de nouvelles télévisées, où trop souvent, on associe étrangement météo et culture, et croyez-moi, je sourcille toutes les fois. Et puis, toujours dans le domaine de la télé, je suis fasciné chaque fois que je constate qu'on juge bon d'assigner une ancienne vedette de la téléréalité à la culture. Disons que ça donne une bonne idée de la considération que certains médias ont à l'égard de ce milieu. Réserverions-nous un tel traitement à l'actualité politique ou économique? Poser la question, c'est y répondre.

Maintenant, ce serait de mentir que d'affirmer qu'ici, au Quotidien et au Progrès-Dimanche, on en offre toujours plus quant à la culture. Nous pouvons tous le constater, le nombre de pages dédiées à ce milieu diminue au fil des années. Or, dans les coulisses, de véritables guerriers comme Daniel Côté se battent jour après jour pour stopper l'hémorragie. Du coup, on pourrait croire qu'au sommet de la chaîne des médias, on a des gens qui n'en ont rien à cirer de la culture, mais c'est beaucoup plus complexe. Le truc, c'est qu'un média, c'est un écosystème où la publicité permet sa survie. Toutefois, les revenus publicitaires dépendent en quelque sorte des intérêts et de la réponse du lectorat. Alors à la fin, bien que nous ayons un milieu culturel à rendre jalouses bien d'autres régions, il reste que toutes proportions gardées, le sport et l'actualité interpellent davantage la population. Et là, qu'on se comprenne, en tant que journaliste culturel, je ne vous partage pas ce constat de gaieté de coeur.

Évidemment, j'aimerais sortir un lapin magique de mon chapeau et proposer la solution ultime. Je me permettrai cependant de proposer un début de réflexion à cet égard. Il y a quelques années, à l'occasion du gala de l'Ordre du Bleuet, l'homme d'affaires et fondateur de Béton Préfabriqué du Lac, André Bouchard, avait été invité à titre de président d'honneur. Plus ou moins familier avec le milieu de la culture, celui-ci avait partagé son étonnement quant à la richesse de ce milieu.

Sans nécessairement parler de philanthropie, peut-être faudrait-il davantage sensibiliser le milieu des affaires à l'importance de la culture, et ce, au-delà de la simple commandite d'événements, mais notamment en tant qu'annonceur? Parce qu'une région où on ne parle plus de culture, c'est une région où la culture finit par s'exiler et du coup, ça devient une région terriblement plate. Et ça, ce n'est jamais bon pour les affaires. Et là, j'en conviens, je synthétise très sommairement une triste réaction en chaîne.

Pour reprendre l'analogie comme quoi on vote avec son portefeuille, peut-être que certains acteurs du milieu des affaires pourraient ainsi être tentés d'encourager une plus grande place à la culture au sein des médias?

Et sinon, peut-être que le milieu politique pourrait imposer un quota minimum quant à la couverture culturelle au sein des médias ou bien une subvention pour encourager celle-ci?

Une chose est certaine, il faudra bien trouver une solution. Et il faudra le faire ensemble.

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