Ici, il faut être excellent!

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Ian Gailer, directeur général du festival REGARD sur le court métrage au Saguenay.

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Ian Gailer
Le Quotidien

(Chicoutimi) Avec fierté, le milieu culturel régional a toujours travaillé très fort pour rayonner et se faire reconnaître à sa juste valeur. Toutefois, plusieurs années de faible présence dans la sphère médiatique nationale, combinée à une couverture limitée de certaines disciplines dans les médias locaux, nous ont laissé un doute sur notre valeur.

Et si la reconnaissance se mesurait uniquement par ce qu'en disent Le Devoir, La Presse, les salles pleines de la Place des Arts ou la file de fans au Salon du livre de Montréal? Bien sûr, au fond de nous, nous savons que les créateurs d'ici sont talentueux et dignes. Mais ce doute, quand il est soulevé, ravive quand même une brûlure... Même si, comme le disait Eléonore Roosevelt, personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement!

C'est pourquoi une compilation comme celle publiée le 4 janvier dernier dans Le Progrès-Dimanche, a pu susciter autant de vagues dans le milieu culturel régional. Notre secteur ne peut absolument pas faire l'économie de la reconnaissance, et c'est là une question très sensible. D'autant plus que cette omission venait de nos proches, de nos alliés naturels.

La réussite

Le danger avec l'approche de la «notoriété» qui a été mise de l'avant, c'est de conclure que le succès populaire d'un artiste se concrétise seulement et automatiquement lorsqu'on quitte la région. «S'il a réussi ailleurs, il doit être bon» se dit-on. C'est vrai.

Mais pour réussir ici, que faut-il? Réussir malgré la distance des grands marchés, malgré un public plus restreint, malgré l'indifférence de certains faiseurs de tendances?

Pour réussir ici, il faut être plus que bons. Il faut être excellents. Vous me direz: «Réussir, c'est quoi?»

Ce n'est évidemment pas faire des millions mais plutôt de vivre, et non pas de survivre, de son art. Natif de Chertsey dans Lanaudière, c'est cette audace qui m'a tout d'abord attiré ici afin de travailler avec le Festival REGARD sur le court. Mais je ne suis pas candide: même si j'adore le Saguenay, ses gens et ses grands espaces, sans emploi lié à ma passion, je n'aurais pu envisager m'y installer à long terme.

Dans le cadre de mes fonctions, j'ai eu la chance de voir tout le dynamisme et toute la richesse du milieu culturel d'ici. J'ai pu voir tout son talent, sa pugnacité et sa solidarité qui sont, soit dit en passant, exemplaires. Pas étonnant que la ville de Saguenay ait pu se doter d'une des grandes réalisations de l'ère Tremblay: le Conseil des Arts de Saguenay.

Nous avons quelques stars régionales qui ont un impact sur le pays dans divers domaines liés à la culture ou non. Ce qui m'étonne toujours est l'absence quasi complète de voix médiatiques régionales à portée nationale occupant la région. Journalistes, chroniqueurs, polémistes, critiques, ex-politiciens, n'apparaissent à peu près pas sur les étendards de leurs maisons-mère battant pavillon montréalais.

Une critique de Daniel Côté dans la «Grande Presse»? Un éditorial croisé de François St-Gelais dans Le Soleil? Pourquoi est-ce impossible pour le moment?

L'attachement et la reconnaissance des gens d'ici est un tremplin. De ceux qui sont partis et qui contribuent à notre rayonnement bien sûr. Mais aussi de ceux qui restent, pas parce qu'ils n'ont pas le talent pour aller vers la métropole mais qui ont à coeur de contribuer au vivre-ensemble et à la qualité des gens d'ici et à préparer les artistes du futur.

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