Le siècle des cobayes

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Bien que celle-ci nous dise que les «téléphones à poche» sont inoffensifs, elle nous suggère fortement de rester à l'affût des autres études du genre en cours. Juste au cas où...

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Joël Martel
Le Quotidien

(Chicoutimi) C'est probablement ainsi que les historiens du futur percevront ceux et celles, qui comme vous et moi, auront traversé cette drôle d'époque.

Par exemple, au moment où je vous écris, j'ai ce téléphone qui est là dans la poche gauche de mes jeans, et pour être franc avec vous, je préfère ne pas trop me poser de questions, à savoir si ça finira ou non par me tuer. Et ce truc, vous êtes nombreux aussi à le traîner sur vous du petit matin jusqu'au soir.

Bien entendu, les compagnies qui vous les vendent, voire qui vous les donnent, ils vous diront que tout ça est sans danger. Et puis, en quelques clics seulement, on peut trouver un tas d'études qui le prouvent. Or, prenons par exemple l'étude commandée auprès de la Société royale du Canada par Santé Canada qui a été dévoilée en 2014. Bien que celle-ci nous dise que les «téléphones à poche» sont inoffensifs, elle nous suggère fortement de rester à l'affût des autres études du genre en cours. Juste au cas où...

Et puis, si jamais l'envie de faire grimper l'inquiétude vous prenait, vous pourriez aussi vous questionner quant à la légitimité du comité d'experts s'étant chargé de cette étude. Par exemple, au dire du Dr Martin Blank ainsi que du Dr Anthony Miller, qui ont tous les deux participé à la révision du rapport de la Société royale, on pourrait avoir ici affaire à une situation de conflit d'intérêts quant à certains membres-clés du comité ayant dirigé l'étude. Du coup, certaines études récentes aux résultats plutôt troublants auraient été volontairement ignorées. Même que selon le Dr Blank, des «recommandations visant l'établissement de limites d'exposition plus basses au Canada en ce qui a trait aux radiations sans fil» auraient découlé de ce rapport si les récentes études avaient été prises en compte.

Ce qui est le plus ironique, c'est que chaque fois que l'on réplique aux citoyens de Saint-Fulgence qui s'opposent à l'implantation de la tour de transmission de Vidéotron, on leur remet sans cesse sous le nez les données issues de ce fameux rapport afin de leur démontrer qu'il n'y a pas matière à s'inquiéter. Et juste pour en rajouter, comme la tour de transmission a été installée à quelques centaines de mètres d'une école primaire et d'un CPE, on est en droit d'avoir quelques frissons dans le dos lorsque le Dr Miller fait part de ses inquiétudes quant à l'exposition involontaire à ces ondes que subissent les enfants à l'école.

Mais bon, si jamais ces craintes étaient bel et bien fondées, disons-le, il n'y a pas que les citoyens de Saint-Fulgence qui se retrouveraient éventuellement dans le pétrin. Pensez un seul instant à toutes ces ondes qui vous traversent sans cesse. Comme votre réseau sans fil à la maison ou celui à votre travail.

Alors en tenant compte de tout ça, comment expliquer qu'il n'y ait pas un semblant de mouvement de panique plus généralisé? Peut-être est-ce là la manifestation d'une certaine résilience, du genre: «Je préfère ne pas perdre d'énergie à douter et plutôt croire que tout est beau» ? Peut-être aussi est-ce là le signe que la technologie l'a définitivement emporté sur notre mode de vie?

Et puis à la fin, quand bien même que ces ondes mettraient nos vies en danger, on pourra toujours mettre ça sur le dos de la pollution, du stress ou de l'alimentation. Ce n'est pas le choix qui manque.

Souhaitons seulement que les générations à venir n'auront pas à tirer des leçons de l'étude à très long terme. Celle à laquelle nous prenons tous part, un peu malgré nous.

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