Se mobiliser pour l'avenir

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Ceux qui pensent que les humains sont à l'origine de l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère constatée partout sur la planète aujourd'hui, devraient au contraire avoir tendance à se responsabiliser pour polluer moins.

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Nicole Huybens
Le Quotidien

(Chicoutimi) Depuis quelques temps, je m'interroge sur la responsabilité humaine dans les problèmes d'environnement contemporains. Ma réflexion est partie notamment du slogan apparu sur une affiche près de Montréal qui dit «Le soleil est le principal facteur du changement climatique, pas vous. Pas le CO2». Les auteurs sont persuadés que les humains n'ont rien à voir avec le réchauffement global et suggèrent donc qu'il n'y a lieu ni de s'en inquiéter ni d'en tenir compte, en d'autres mots, il n'y a pas lieu de se sentir responsable du phénomène.

Habitudes de vie

Ceux qui pensent que les humains sont à l'origine de l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère constatée partout sur la planète aujourd'hui, devraient au contraire avoir tendance à se responsabiliser pour polluer moins. Toutefois beaucoup d'entre nous savent que l'utilisation de pétrole, de gaz et de charbon est à l'origine de toutes sortes de problèmes de pollution y compris les changements climatiques mais décident quand même de maintenir leurs habitudes de vie. Ils ont leurs raisons et pensent souvent qu'ils n'ont pas le choix: on ne peut pas se passer de voiture ici, la nature est capable de s'adapter, c'est compliqué et ennuyeux de trier ses déchets. On n'est pas des criminels si on mange des fraises en hiver ou d'autres fruits et légumes qui ont voyagé longtemps.

Pour se sentir responsable et agir, il faut un ingrédient supplémentaire: des sentiments altruistes. Si j'ai mal de la souffrance de quelqu'un d'autre ou d'un animal, même par anticipation, j'aurai plus tendance à agir, que si leur existence m'est indifférente ou si l'autre est un ennemi et l'animal un objet ou si je pense «après nous, les mouches». Les «autres» sont un ingrédient majeur de la responsabilité: agir en fonction de sa propre situation seulement est irresponsable et égoïste. En raison de ce qui me relie à tout ce qui vit sur la terre, humains et non-humains, je suis a priori responsable d'agir de manière à ce que leur vie à eux soit possible (pour les espèces menacées et les générations futures) et meilleure (pour tous les animaux et les générations actuelles d'humains qui meurent de guerre, de faim, de pollution, de corruption, de maladies). Exercer cette responsabilité rend heureux du bonheur des autres. Et elle n'est surtout pas une culpabilité: ce n'est pas ma faute s'il y a des guerres et des espèces menacées, mais c'est mon devoir de faire ce que je peux pour remédier même un tout petit peu à la situation.

Scénarios

Ceux qui utilisent des scénarios catastrophes pour faire naître la culpabilité ne comprennent pas qu'être responsable, c'est aussi être libre. L'Apocalypse annoncée ne nous oblige à rien, ce sont les humains seuls qui peuvent décider de faire ou de ne pas faire quelque chose. J'ai confiance dans l'avenir et j'ai envie de me mobiliser pour qu'il soit possible pour d'autres, c'est pour cela d'abord que je trie mes poubelles, utilise rationnellement l'énergie, gère mon frigo pour ne pas jeter de nourriture, roule dans une petite voiture et ne la met pas en marche cinq minutes avant de partir. C'est aussi pour cela que j'écris des chroniques et que j'enseigne l'éco-conseil.

La responsabilité est la condition de notre humanité comme le dit le titre d'un de ces livres qui traînent sur ma table de salon. Nous sommes libres et responsables de léguer à ceux qui nous suivent un monde dans lequel ils auront du bonheur à vivre, de mieux distribuer la richesse aujourd'hui et de faire de la nature notre partenaire en modifiant tous les comportements qui devraient l'être pour cela. Cela nous permet de lutter contre les changements climatiques même s'ils ne sont pas le moteur de notre action. Parce que après tout, un monde plus conscient, plus responsable et plus sensible est aussi un monde plus humain et plus libre. C'est ce monde que je souhaite à l'humanité pour 2015 et toutes les années suivantes.

Nicole Huybens verse son cachet à la campagne de développement de l'UQAC.

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