Passer une année à diviser

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On pourra aussi souhaiter que le député Alexandre Cloutier tirera son épingle du jeu dans la course à la chefferie du PQ à laquelle il prend part.

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Joël Martel
Le Quotidien

(Chicoutimi) C'est un constat un peu triste à faire, mais 2014 aura été une année de divisions et de soustractions.

Rappelons-nous tout d'abord que l'année aura débuté sur un fond de chicane avec toute cette histoire de la Charte des valeurs. Ainsi, rarement aura-t-on vu la population être autant divisée par un projet qui aurait pu s'avérer rassembleur s'il avait été présenté de la bonne façon, mais surtout, s'il avait été concocté avec tout le tact et toute la délicatesse qu'un sujet si sensible mérite.

Évidemment, cette initiative aura accéléré la chute du gouvernement Marois pour ainsi permettre à Philippe Couillard de prendre possession du bureau du premier ministre. Du coup, l'impopularité soudaine du PQ aura aussi donné au PLQ toute la marge de manoeuvre nécessaire afin de mettre en place sa fameuse vue de l'esprit.

Le gazon n'aura pas été plus invitant du côté du gouvernement fédéral. On aura notamment appris que le gouvernement Harper faisait tout en son possible afin de museler la communauté scientifique. Le même gouvernement aura aussi pu compter sur le PDG de Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, afin de mettre en place une lente et cruelle agonie de la société d'État.

Sinon, la démocratie n'aura pas eu non plus la vie facile ici en région. À cet effet, on saluera haut et fort le maire de Saguenay pour l'ensemble de son oeuvre. On n'a qu'à penser à ses propos à l'égard des conseillères de l'ERD desquels se dégage un sournois parfum de sexisme.

On pourrait maintenant se consoler en se disant que le pire est probablement derrière nous, mais malheureusement, il faudra redoubler de vigilance tout au long de 2015 afin d'arrêter l'hémorragie.

Par exemple, bien que la nouvelle soit passée sous les radars, l'abolition à venir des CLD et des CRÉ risque fort bien de donner un coup dur à la région. Non seulement la disparition de ces organismes pourrait mettre en péril de nombreuses initiatives régionales, mais en plus, elle pourrait considérablement réduire notre pouvoir de décision. Souhaitons que nous veillerons au grain afin que la transition vers un nouveau système se fasse de façon responsable, réaliste et équitable.

Et puisqu'on y est, souhaitons aussi que nous prenions enfin des mesures significatives afin de nous positionner quant à la montée de la xénophobie ici en région. On aura beau répéter que les actions commises à l'égard des communautés ethniques ne sont probablement que le lot d'un petit groupuscule d'individus, il reste que ces opérations relèvent de l'intimidation. Et c'est sans compter que celles-ci ternissent considérablement l'image de la région.

On pourra aussi souhaiter que le député Alexandre Cloutier tirera son épingle du jeu dans la course à la chefferie du PQ à laquelle il prend part. Car au-delà de la question de la souveraineté et des lignes de parti, le message de Cloutier permet de rêver à un futur où l'individu reviendrait au centre de la politique. Ça, mais surtout l'importance de l'éducation. Car une société bien éduquée bénéficie ainsi des outils qui lui permettent de concevoir le monde qui l'entoure, et surtout, de mettre les mots justes sur ce qu'elle désire.

Et puis pourquoi ne pas souhaiter en 2015 de voir Justin Trudeau devenir premier ministre du Canada. Parce que soyons réalistes, il serait très étonnant que Thomas Mulcair parvienne à recréer la vague d'amour suscitée par son prédécesseur. Et au point où nous en sommes rendus, après toutes ces années sous un règne conservateur, peut-être que l'arrivée d'un jeune premier ministre comme le chef du PLC serait une bouffée d'air frais. Et sinon, on pourra alors dire qu'on aura tout essayé.

Cela dit, si je n'avais qu'un seul souhait à voir se concrétiser en 2015, eh ben, j'aimerais vraiment ça que l'on s'inspire de la série télévisée du Chicoutimien Frédérick Lavoie intitulée À table avec l'ennemi. Ouep, ce serait là une bonne chose d'apprendre à discuter avec ceux et celles qui ont une vision différente de la nôtre pour ainsi faire en sorte que 2015 devienne l'année des additions et des multiplications.

Parce qu'à la fin, on est bien mieux ensemble, même si on se tape parfois sur les nerfs.

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