Un projet à abandonner

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Le Quotidien

La possibilité d'ajouter du fluor dans l'eau potable divise les Québécois. À Saguenay, une telle initiative a été considérée puis écartée. Mais le sujet y demeure d'actualité. Aujourd'hui, Jean-Yves McGee et Édith Lacroix, membres de la Coalition Eau Secours! et Barry Dolman, président de l'Ordre des dentistes du Québec débattent de la question.
Encore en 2014, Québec continue de faire la promotion de la fluoration de l'eau potable pour contrer la carie dentaire. Pourtant, depuis plusieurs années, les opposants à la fluoration étudient rigoureusement et documentent chacun des aspects du dossier. Comme citoyen, devons-nous accepter qu'on ajoute, même en très faible quantité, du fluor dans notre eau? Les arguments conduisent à la même conclusion: la fluoration de l'eau potable doit être abandonnée. Est-ce que la fluoration est efficace? De nombreuses études concluent qu'il y a peu de différence, dans la prévalence de la carie pour les dents permanentes, entre les villes fluorées et celles qui ne le sont pas. Il est donc faux de prétendre que la fluoration de l'eau réduit la carie de 65%.

Quels sont les risques pour la santé? Encore ici, plusieurs études indiquent que si la concentration en fluor de l'eau potable artificiellement fluorée dépasse la norme permise, il y a, entre autres, risque de dommages aux dents (fluorose dentaire), aux os et au cerveau. Également, de plus en plus de gens sont sensibles (voire hypersensibles) ou encore intolérantes au fluor, même en faible quantité.

Est-ce légal? Les produits chimiques de fluoration ne sont ni homologués, ni testés, ni évalués par Santé Canada. On leur attribue pourtant une fonction thérapeutique. Les fluorures utilisés sont en réalité des produits chimiques toxiques, impropres à la consommation humaine. Pourtant un produit qui vise à prévenir une maladie, qui modifie la composition d'un tissu et auquel on associe une allégation thérapeutique s'appelle un médicament. L'innocuité du produit doit avoir été démontrée par des tests toxicologiques à long terme, ce qui n'a jamais été fait.

Est-ce éthique? Administrer un «médicament» à un individu sans son libre consentement est contraire à la charte canadienne des droits et libertés. Prescrire et administrer un médicament sans connaître l'âge, le poids, l'état de santé d'un patient, ni connaître l'apport de fluor qui sera consommé va à l'encontre du code de déontologie. Selon l'éthique médicale, il est interdit d'utiliser le fluor comme médicament.

Y a-t-il un danger pour l'environnement? Comment peut-on affirmer que le rejet de plusieurs tonnes d'un produit chimique toxique dans les aqueducs et les cours d'eau n'a aucun effet sur l'environnement? Le gouvernement nous permet-il de jeter nos résidus de produits toxiques dans le lavabo, en misant sur l'effet de dilution des cours d'eau? C'est inacceptable!

La fluoration est-elle acceptable du point de vue économique? En cette période d'austérité où le gouvernement cherche par tous les moyens à équilibrer les finances publiques, il serait incohérent de maintenir un tel programme. L'objectif de celui-ci est d'implanter la fluoration dans les 180 municipalités de 5000 habitants et plus, ce qui nécessiterait un investissement de l'ordre de 200 M$!

Est-ce que l'acceptabilité sociale est acquise? Il est clair que non. Depuis l'an 2000, le nombre de municipalités qui ont décidé d'abandonner la fluoration n'a cessé d'augmenter: Laval en 2000, Sainte-Thérèse, Boisbriand, Blainville et Saint-janvier-de-Mirabel en 2002, Québec en 2008, Sainte-Marie-de-Beauce et Longueuil en 2009, Beaupré et Gatineau en 2010, Verchères et Amqui en 2011, Fermont et Bécancour en 2013 et finalement, Richmond et La Prairie en 2014. Seules les villes de Lévis-St-Romuald, St-Georges-de-Beauce, Dorval, Pointe-Claire et Châteauguay, pour laquelle la question sera débattue en 2015, sont encore fluorées. La fluoration de l'eau potable ne touche maintenant que 2% de la population au Québec. Mentionnons également Trois-Rivières, où la Coalition triffluvienne pour une eau très saine (CTETS) livre une lutte depuis plus de deux ans pour contrer une décision partagée du conseil municipal (neuf contre sept) d'aller de l'avant pour l'implantation de la fluoration.

L'expérience des dernières années nous a permis de constater que des citoyens bien informés refusent systématiquement qu'on ajoute du fluor dans leur eau. Heureusement, dans la controverse entre ceux qui s'opposent et ceux qui veulent imposer, ce sera toujours nous, citoyens, qui aurons le dernier mot. Après tout, c'est nous qui consommons l'eau au quotidien.

C'est sur la base des principes de prudence, de protection de l'environnement et du libre choix qu'il faut dire non à la fluoration. Et oui à une eau potable non fluorée!

Jean-Yves McGee et Édith Lacroix, membres de la Coalition Eau Secours!

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