On a tous besoin de tendresse

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Lorsque je serai vieille et qu'un clown se pointera dans la chambre du foyer dans lequel je vis, je vais lui dire de sacrer son camp. C'est ça que je pensais. Avant.

Ma collègue Laura Lévesque et moi avons eu le privilège, la semaine dernière, de suivre deux protagonistes de l'organisme Clowns thérapeutiques Saguenay. C'était un jeudi, dans un CHSLD de Jonquière. Je dois l'admettre d'emblée, j'avais un préjugé défavorable envers les fameux clowns qui se déplacent dans les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées. Des clowns, c'est infantilisant. Des clowns, c'est ridicule, que je me disais. Eh bien! je ne pensais pas avoir aussi tort. Parce que lorsque j'ai vu le regard de ces résidants s'illuminer, lorsque je les ai entendu chanter et lorsque j'ai été témoin de leur réel bonheur, mon coeur a chaviré.

Je ne connais personne qui vit dans un centre de soins longue durée. Je ne connais personne qui souffre de la maladie d'Alzheimer. Je ne connais personne qui a de la difficulté à communiquer, à se laver, à manger et à se souvenir. Mais ce jeudi-là au CHSLD, j'ai été témoin de ce qui attend plusieurs d'entre nous. Et j'ai fait des rencontres touchantes, attendrissantes et magnifiques.

J'ai vu l'affection qui naît entre un clown et une personne pour qui la mort se dessine à l'horizon. On semble l'oublier, mais les aînés ont, eux aussi, besoin de tendresse et d'affection. Parce que les personnes âgées, on ne les touche plus. Et, le pire, c'est qu'on ne s'imagine même pas à quel point elles ont besoin d'être prises dans nos bras.

C'est d'ailleurs ce qui m'a le plus marqué de ma visite au CHSLD. Les Clowns thérapeutiques ne lésinent pas avec les contacts physiques. Une simple caresse sur l'épaule ou un baiser sur la joue semble faire un bien fou aux résidants.

Il s'agit d'ailleurs d'une approche favorisée par l'organisme. «Le contact humain est important pour l'estime de soi et c'est vraiment ce que nous voulons offrir. Les personnes âgées ne se font plus toucher, sauf lorsqu'il est temps de se faire donner un bain» raconte l'une des fondatrices des Clowns thérapeutiques Saguenay, Josée Gagnon.

Être touché, embrassé, réconforté est un besoin fondamental. Les sourires et les yeux pétillants des résidants pendant qu'un clown lui caressait la joue me l'ont prouvé. Et c'est à ce moment que j'ai compris la nécessité d'un tel organisme.

Et lorsque j'ai entendu les «je t'aime», les «vous revenez quand?» et les «j'ai hâte de vous revoir», j'ai compris que je ne regarderais plus jamais les clowns de la même manière.

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