Survivre à un party de bureau

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Joël Martel
Le Quotidien

«Joël, c'est très important, il faut que tu appelles au bureau demain stp.»

Ce message, j'ai dû le relire dix fois en quinze secondes et à chaque nouvelle lecture, je sentais une espèce de boule de stress grandir de plus en plus dans ma poitrine. Il était alors 23h et tout ce que je pouvais faire à ce moment-là, c'était de multiplier désespérément les courriels du genre «Coudon', suis-je dans la marde?», et ce, sans grand succès.

C'est quand même con, car le lendemain, j'apprenais tout bêtement qu'on souhaitait que ma prochaine chronique traite des partys de bureau. Alors voilà, aujourd'hui, je vous parlerai de partys de bureau.

Tout d'abord, il faut savoir que mon tout premier emploi était celui de commis aux fruits et légumes dans une épicerie. C'est très ironique, si l'on tient compte du fait que j'entretiens une espèce de crainte des fruits et légumes. Mais bon. Il reste que ce premier emploi m'a aussi permis d'assister à mon premier party de bureau.

La soirée consistait en une espèce de grand souper dans une salle communautaire et si ma mémoire est bonne, on m'avait placé à côté du fils du grand boss. J'y avais aussi amené ma blonde et je me souviens qu'elle m'avait fait remarquer à quel point j'étais nul avec elle, car j'oubliais toujours de la présenter. Sinon, tout ce dont je me souviens, c'est qu'à un moment, j'avais emmené avec moi le fils du boss et je lui avais fait fumer du tabac qui fait rire. Maintenant, j'ignore si c'est ce qui a précipité les choses, mais quelques semaines plus tard, je me faisais virer.

Vous devinerez donc qu'après ça, j'ai retenu quelques leçons de cette initiation au monde du travail. D'ailleurs, c'est écrit sur mon bulletin de maternelle: «Joël éprouve beaucoup de difficulté à lacer ses souliers, mais sinon, il suffit de lui dire quelque chose une fois pour qu'il suive ensuite les consignes.»

Alors voilà. Comme j'apprends vite, j'ai compris que pour des pauvres types comme moi, la meilleure option était de s'exiler. Or, en faisant quelques recherches ici et là sur le Web, voilà que j'ai découvert avec horreur que ce serait là une grave erreur d'étiquette. Par exemple, selon le site leplanificateur.ca, on raconte que d'être absent à un party de bureau pourrait signifier à vos employeurs un manque d'intérêt et même vous coûter une promotion.

Toutefois, dans le même article, on parle aussi d'un tas de règles à observer quant aux cadeaux, à la façon de danser et à l'habillement. Je vous dis ça comme ça, mais entre un party de bureau et désamorcer une bombe nucléaire avec comme seul outil un couteau suisse, on baigne pas mal dans les mêmes niveaux de difficulté.

Parce que des histoires de partys de bureau qui ont mal tourné, on en a tous entendu. La soirée avance, on a un verre ou deux dans le nez, on devient plus à l'aise, on fait une petite blague et comme tout le monde réagit plutôt bien, on se dit qu'on s'en tire plutôt bien, alors un peu plus tard, on se permet une autre blague, on vise encore assez bien la cible, alors on adoucit le filtre sans s'en rendre compte et puis hop, on fait la blague ou la remarque de trop, on ne s'en rend même pas compte sur le coup, et puis le lendemain, on découvre qu'on est maintenant le roi des connards. Ici, je ne sais pas pour vous, mais c'est tout à fait le genre de promotion auquel je n'aspire pas.

Il reste que malgré mon légendaire taux d'absentéisme dans les partys de bureau, j'ai recueilli assez de témoignages afin de vous dresser une petite liste de conseils lors de telles occasions. La voici donc en rafale: voyez ça comme une réussite si, à la fin de la soirée, vous n'avez frenché avec personne; s'il y a un échange de cadeaux et qu'un des objets a la forme d'un phallus, évitez de vous faire prendre en photo si vous le placez au niveau de votre taille; la règle du 0.08, ça s'applique aussi aux discussions avec vos supérieurs; et enfin, tenez-vous loin du fils du boss s'il est dans la place.

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