Un défi à relever

Le président de l'arrondissement de La Baie, François... ((Archives))

Agrandir

Le président de l'arrondissement de La Baie, François Tremblay.

(Archives)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Quotidien

La question de l'avenir de l'église Fatima de Jonquière en particulier et la préservation des bâtiments patrimoniaux en général a été au coeur de l'actualité dernièrement. Aujourd'hui, le président de l'arrondissement de La Baie, François Tremblay, et l'historienne Russel-Aurore Bouchard, abordent cet enjeu.

Ce n'est pas évident d'exprimer son opinion sur la réalité actuelle de nos nombreuses et somptueuses églises; sur le contexte brûlant de la pratique religieuse qui semble s'arrimer à la tendance de la pyramide inversée des âges; sur les responsabilités respectives qui regardent l'avenir d'un patrimoine souvent architectural, historique et que l'on dit collectif. Je ne dispose pas de délais qui me permettent une analyse fondée sur des statistiques afin d'étoffer cette réflexion, mais je réalise, dans ma position actuelle d'élu, que nous approchons du jugement dernier. Le dossier est à la fois complexe, invite un certain nombre d'acteurs et, du coup, une volonté politique concertée d'action. Nous devons éviter d'alimenter ce stérile et chronique réflexe de cibler un responsable alors que nous sommes tous égaux aux yeux de la situation.

Le dossier est sensible, émotif. Nous vivons aussi actuellement une période intense de compressions budgétaires. Un retard politique de gestes incontournables qui viennent soudainement provoquer cette accélération drastique de ce qu'on appelle l'austérité. Cette semaine, dans le concret, un contribuable engagé depuis de nombreuses années venait nous proposer un projet structurant pour une église sur le territoire de l'arrondissement de La Baie. Alors que j'aurais tendance à me camper sur ce site en particulier, je ressentais le besoin de consulter mes concitoyens avant de cautionner un dessein en particulier. Ce que je proposais récemment, en lien avec le cas de Fatima, c'était de nous assurer d'un processus de médiation qui pourrait permettre d'asseoir une position responsable, optimale et rentable quant aux chefs d'oeuvres qui rehaussent le décor de nos communautés.

La pratique spirituelle a évolué, les jeunes familles semblent encore se raccrocher aux sacrements mais sans nécessairement vivre le rituel du dimanche. Plus encore, sur 1200 enveloppes de la dîme, 200 ont été retournées aux responsables de la paroisse Saint-Alexis l'année dernière. À mon sens, plusieurs questions s'imposent dans cet exercice de quête du gros bon sens. Qui sont les réels propriétaires? Quelle est la responsabilité de ces possesseurs dans le débat? Il est évident que la municipalité et les arrondissements, via les budgets d'aide aux organismes, viennent appuyer l'entretien et la démarche de nos croyants qui persistent à la prière. Mais le contexte économique actuel s'y prête-t-il?

Nous devons plus souvent qu'autrement nous heurter au Code national du bâtiment et à son utopie alors que ce dernier devrait assurer un virage de flexibilité si nous souhaitons espérer l'aliénation de vocation pour ces créations. Le principe des redevances avec le clergé devrait-il faire l'objet lui aussi d'une introspection afin de permettre davantage de marge de manoeuvre aux pauvres Fabriques? Hier matin, je me devais de rappeler à cet homme de vision que nous avions l'obligation préalable de s'installer autour d'une même table avant de prendre des décisions. L'Évêché doit soumettre sa volonté en s'assurant de ne pas liquider ses actifs sans cette assurance d'en arriver à ce que le temple se retrouve sous le respirateur du collectif de nos taxes au terme d'un projet qui avorte.

Les arrondissements, je le crois fermement, pourraient s'assurer de définir des critères rigoureux qui permettraient la rencontre des véritables besoins communautaires, culturels et artistiques de ceux et celles qui ambitionnent la réincarnation des édifices. Aussi limpide que nos besoins en matière de locaux.

Lorsque nous traversons une période économique difficile qui amène des slogans politiques qui font en simultanée mention de relance, je crois qu'il est de notre responsabilité d'en enclencher les aspects qui assurent de corriger le tir sur des dépenses actuelles que nous devons transposer en vecteurs d'efficience.

Au fond, ce que nous souhaiterions c'est éviter de voir disparaître nos ancrages, nos racines. Certaines églises devront être sauvegardées sans concession, d'autres si possible affectées à de nouvelles utilités publiques, certaines sacrifiées malheureusement mais avec cette opportunité de récupérer des matériaux qui serviraient à signifier notre capacité à capitaliser sur le durable à travers le recyclage.

Moi, je le dis devant Dieu, nous avons le devoir de réagir et je suis disposé à partager le chemin de croix de ce beau défi! «Amen!»

 Le président de l'arrondissement de La Baie, François Tremblay.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer