Vieux mensonge, vieille oppression

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L'interdiction d'offrir des services sexuels en ligne et dans les petites annonces de journaux inquiète les travailleuses du sexe de Saguenay.

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Le Quotidien

Pour faire suite aux textes publiés dernièrement dans Le Quotidien concernant l'adoption de la Loi C-36 au Canada, l'équipe du CALACS Entre Elles du Lac-Saint-Jean croit pertinent de se tourner vers les vrais responsables de la prostitution: les clients et les proxénètes!

De prime abord, nous sommes heureuses que le gouvernement fédéral reconnaisse «que la prostitution n'est pas un choix pour la vaste majorité des personnes prostituées, mais bien une forme d'exploitation à l'égard des femmes et une atteinte à la dignité humaine», selon une déclaration du Conseil du statut de la femme tirée du document «La prostitution il est temps d'agir», de 2012.

Lien

Pour nous, il est clair qu'il existe un lien réel entre les victimes d'agressions sexuelles et les personnes se prostituant. Selon Marie Sullivan, professeur et chercheur réputé en ce domaine, l'acte prostitutionnel est une violence qui pousse les femmes à la dissociation pour survivre à la prostitution. Il s'agit d'une séparation entre le corps physique et le mental. Au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Entre Elles de Roberval, les femmes et les adolescentes victimes d'agressions sexuelles et à qui nous venons en aide adoptent les mêmes comportements, qui sont en fait des mécanismes de protection ou des conséquences de leurs agressions.

On parle peu des clients et des proxénètes et on dispose de peu d'études à leur sujet. Ils sont pourtant ceux qui font tourner le système prostitutionnel en continuant de perpétuer des conséquences énormes sur les rapports hommes-femmes.

Le fameux mythe de l'homme qui doit composer avec ses pulsions sexuelles incontrôlables et dictant ses comportements se doit d'être déconstruit.

En effet, des rapports de police rapportent que 85% des hommes arrêtés en lien avec l'utilisation de la prostitution vivent en couple... Des témoignages de clients dans plusieurs études révèlent que ce qui les attire dans le sexe tarifié, c'est moins le besoin sexuel que le sentiment de pouvoir que procure une nécessité de tisser des rapports humains respectueux et égalitaires avec leur partenaire sexuel. C'est donc dire que c'est la recherche de pouvoir d'un sexe sur l'autre et son désengagement envers l'autre qui priment et non le besoin sexuel...

L'ampleur du phénomène est tel que les Nations unies estiment qu'il existe aujourd'hui plus de personnes achetées et transportées à des fins d'exploitation sexuelle que durant les 300 ans d'esclavage.

C'est humainement horrible! Mais ô combien lucratif pour certains!

Le CALACS Entre Elles accueille donc ce projet de loi fédéral comme une importante avancée en accusant les vrais coupables. Il demeure encore un chemin non emprunté: celui de décriminaliser les prostituées...

Modèle

Nous croyons que notre gouvernement devrait continuer de s'inspirer du modèle suédois en décriminalisant également les prostituées, en les reconnaissant ainsi comme des victimes de violence. Ce qui est leur réalité au quotidien.

Au CALACS Entre Elles, nous continuerons d'affirmer que la prostitution est non seulement le plus vieux mensonge du monde, mais aussi la plus vieille oppression du monde!

Jocelyne Gagné et Carolyn Goulet du CALACS de Roberval

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