Huit ans plus tard

Alexandre Cloutier... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Alexandre Cloutier

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C'était le 18 octobre 2006, à Alma, dans un restaurant quelconque de la rue Sacré-Coeur. L'établissement a changé de nom trois ou quatre fois depuis et n'existe plus aujourd'hui.

Une semaine plus tôt, contre toute attente, le député Stéphan Tremblay avait annoncé son retrait du monde politique.

Je me rappelle ce jeune premier sorti de nulle part, ancien page à la Chambre des communes devenu valet du député sortant.

Je connaissais à peu près tout le monde dans le coin, à ce moment-là.

Tous les successeurs potentiels.

Mais Alexandre Cloutier, ça ne me disait rien.

En évoquant son nom, Stéphan Tremblay avait coupé l'herbe sous le pied de tout autre prétendant.

L'Histoire nous a démontré qu'infimes sont les chances de déloger un péquiste de la circonscription. Sans grand effort, Alexandre Cloutier a remporté l'investiture, pour ensuite terrasser le Dr Yves Bolduc aux élections de 2007. L'actuel ministre de l'Éducation a été contraint de s'exiler dans la région de Québec pour poursuivre son rêve politique.

Mais, revenons à ce 18 octobre 2006, date de la première apparition officielle de Cloutier dans Lac-Saint-Jean.

Ce qui m'a frappé à l'époque, c'est sa rafraichissante naïveté politique.

Quinze minutes avant de se présenter devant la presse, il cherchait toujours une cravate à se mettre autour du cou.

Et à la première question qui lui fut posée - la mienne - il a répondu que son parcours académique lui servirait sans doute à «rédiger la constitution d'un éventuel Québec souverain».

Rien que ça.

Le futur docteur en droit constitutionnel s'était fait taper sur les doigts pour cette déclaration, m'a-t-on raconté.

Politicien plus aguerri

Huit années se sont écoulées depuis.

Alexandre Cloutier est aujourd'hui un politicien accompli, quoiqu'encore vert comparativement aux vieux loups qui meublent encore le PQ.

Il a connu les banquettes de l'opposition. Celles du pouvoir également.

En 2010, Pauline Marois l'a plongé dans la réalité en lui enlevant les Affaires intergouvernementales pour le nommer critique en matière d'Emploi et de Solidarité sociale. Ce passage obligé a duré un an et il s'en est bien sorti, pour un type qui a obtenu l'une de ses deux maîtrises à Cambridge, en Grande-Bretagne.

Il a aussi cohabité avec les travailleurs sur les lignes de piquetage en 2012, lors du lock-out de l'Usine Alma de Rio Tinto Alcan. Jamais il n'a caché son allégeance à la cause des syndiqués jusqu'à ce qu'il découvre qu'une fois au pouvoir, on ne peut pas faire tout ce qu'on veut.

L'affrontement qu'il entreprend ce matin n'a cependant rien à voir avec toutes ces expériences de vie.

Il s'immisce dans une "game" d'argent, de coulisses, d'influence et d'accommodements. Une très longue joute qui ne peut se gagner sans appuis.

Où logeront ses confrères et consoeurs?

Où logera l'influente famille Bédard?

Sylvain Gaudreault se rangera-t-il finalement derrière le seul candidat de la région?

Qui osera tourner le dos à Bernard Rainville? À Pierre Karl Péladeau?

Surtout, Alexandre Cloutier aura-t-il la force de mener jusqu'au bout sa quête vers le trône souverainiste?

Tremblay en appui

«Remarquable et phénoménal.»

Quand Stéphan Tremblay a abdiqué pour céder la place à Alexandre Cloutier, c'est en ces termes qu'il a décrit son jeune attaché.

Je serais très peu surpris de le voir réapparaître dans cette course à la chefferie, lui qui se tient à l'écart des projecteurs depuis son départ.

À défaut d'avoir le soutien de ses acolytes de Jonquière et de Chicoutimi, Alexandre Cloutier pourrait marquer quelques points en profitant du charisme de son prédécesseur.

J'imagine facilement une campagne axée sur le fossé qui sépare les riches et les pauvres, un thème profondément péquiste qui permettrait d'attaquer de front Pierre Karl Péladeau, l'adversaire à battre dans cette course.

Alors qu'il était au Bloc québécois, en 1998, Stéphan Tremblay a déserté la Chambre des communes avec sa chaise de député afin de dénoncer les injustices sociales. Alexandre Cloutier a contribué à ce coup d'éclat en tant qu'attaché politique.

Pour le duo, l'occasion de récidiver n'a jamais été plus alléchante.

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