La Loi sur les mesures de guerre

Le départ des six avions CF-18, de l'avion... ((Photo Rocket Lavoie))

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Le départ des six avions CF-18, de l'avion ravitailleur CC-150T et d'un Hercule CC-130J en provenance de la Base de Cold Lake.

(Photo Rocket Lavoie)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Cette semaine, des chasseurs CF-18 ont quitté la base militaire de Bagotville pour le Koweït, pour mener leurs frappes contre l'État islamique en Irak. Est-ce que ça veut dire que le Canada est en guerre contre des gens qui menacent notre pays?

Je sais bien que nous ne sommes plus dans les années 70, mais je sais qu'à l'époque où le Front de libération du Québec faisait sauter des bombes et détenait en otage des personnalités politiques, le gouvernement fédéral avec Pierre-Elliott Trudeau comme premier ministre a décrété la Loi sur les mesures de guerre pour ce qu'on appelle la Crise d'octobre.

J'avais neuf ans, je n'ai pas beaucoup de souvenirs, mais ça fait plus de 40 ans qu'on nous raconte cette histoire dans des documentaires et des émissions commémoratives à la télévision.

En octobre 70, à la demande de Robert Bourassa, premier ministre du Québec, et de Jean Drapeau, maire de Montréal, le premier ministre du Canada Pierre-Elliott Trudeau a mis en oeuvre la Loi sur les mesures de guerre pour contrer la violence des mouvements d'extrême gauche qui veulent l'indépendance du Québec.

Cette loi donne à la police le pouvoir d'appréhender et de chercher les personnes sans justifications et de retenir les citoyens durant 90 jours sans donner de raisons. De nombreuses personnalités ont été coffrées à cette époque, un des grands traumatismes de notre collectivité pour ceux qui l'ont vécu de près ou de loin.

Nos pères se souviennent de l'intervention au Québec de l'armée canadienne, de la suspension des libertés civiles et de l'arrestation sans mandat de plus de 500 personnes sous prétexte d'une menace d'insurrection ou d'un coup d'État.

À la suite des événements de Saint-Jean-sur-Richelieu et celui du Parlement canadien, les citoyens ont le droit de se poser des questions concernant les centaines d'individus que la GRC a identifiés comme des individus menaçants.

Il y a 40 ans, l'armée et la police débarquaient dans les maisons pour arrêter des intellectuels, des syndicalistes, des journalistes et des gens soupçonnés de faire partie d'une organisation politique violente qui menaçait le Canada. L'histoire nous a appris que l'application de cette loi a connu des dérapages politiques.

Mais si le Canada est en guerre contre des militants terroristes qui profèrent des menaces contre notre pays, on ne peut pas rester les bras croisés et attendre que ces nouveaux ennemis sèment la peur et la panique dans notre pays.

Sans appliquer la Loi sur les mesures de guerre, on pourrait au moins se servir de la loi antigang pour permettre aux policiers d'intervenir préventivement face à des gens qui se liguent avec des organisations étrangères pour nous livrer une guerre sournoise.

Si j'étais un extrémiste qui sympathise avec l'État islamique, une organisation qui est accusée par l'ONU, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne d'être une organisation terroriste responsable de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l'humanité, et que je vivais au Canada, il me semble que me retirer mon passeport apparaît beaucoup plus comme une motivation à faire du trouble qu'un geste de dissuasion.

J'ai l'impression que si l'on disait à ce genre de gars qu'il est en état d'arrestation selon les dispositions de la loi antigang et que de façon préventive il doit porter un bracelet électronique en permanence tout en limitant ses déplacements tant qu'il n'aura pas fait preuve de sa réhabilitation, il me semble que ce serait plus efficace.

Je sais bien que le risque zéro n'existe pas, mais il n'y a jamais trop de sécurité pour ce genre d'individu. C'est impossible d'éviter que des «Loups solitaires» passent à l'attaque et sèment la panique dans le pays, mais une augmentation de la sécurité empêche les loups solitaires sans envergure de passer les mailles du filet.

Ce n'est pas ce que je nous souhaite, mais il faut rendre moins accessibles le Parlement et la Colline parlementaire. Notre pays est en guerre contre le terrorisme, il faut donc agir comme en temps de guerre. On ne peut pas envoyer nos CF-18 bombarder du monde et laisser les fanatiques de ce même monde entrer comme des touristes au Parlement. À la guerre comme à la guerre, nos soldats ne distribuent pas des tracts aux soldats de l'État islamique.

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