Terres agricoles, les vraies questions

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Le sujet de l'accaparement des terres divise les agriculteurs des quatre coins du Québec.

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Le Quotidien

Le sujet de l'accaparement des terres divise les agriculteurs des quatre coins du Québec. Selon certains, il s'agit d'une occasion nouvelle pour développer l'agriculture. Pour d'autres, c'est plutôt un moyen d'infantiliser les producteurs en les empêchant de transiger librement des terres. Certaines régions, comme ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sont particulièrement sensibles à la question en raison d'initiatives passées.

Au-delà du débat émotif suscité par quelques projets, la question fondamentale à poser est la suivante : pour encadrer une transaction qualifiée de douteuse par certains, est-il nécessaire de brimer la liberté d'achat et de vente des terres de l'ensemble des producteurs du Québec ?

Voulons-nous réellement renoncer à notre droit de transiger librement nos terres agricoles au prix que nous demandons?

Acceptons-nous vraiment de sacrifier notre capacité à acheter des terres alors qu'il s'agit d'un moyen d'assurer la pérennité de nos fermes ou d'établir notre propre relève ? Souhaitons-nous devenir de perpétuels locataires des terres que l'on cultive, tel que le modèle proposé ?

Voilà les véritables questions entourant l'accaparement des terres au Québec. En général, quand un producteur achète une terre, c'est pour l'améliorer (drainage, nivellement, etc.) et la cultiver, sans même penser à la revente possible. Lorsqu'il la vend, c'est souvent en absence de relève.

Pour le Conseil des entrepreneurs agricoles, il est clair que la liberté des producteurs de transiger des terres agricoles doit demeurer.

Nos terres sont l'assise de nos entreprises, le fondement de notre activité. Nous devons conserver notre capacité pleine et entière de décision selon nos besoins et nos projets. Comment penser que l'avenir sera meilleur en remettant notre sort entre les mains d'une quelconque société gouvernementale contrôlant les transactions ?

Que devient l'accès aux terres agricoles pour la relève dans tous cela ? Dans plusieurs régions, des terres avec de bons potentiels agricoles sont abandonnées, en friche ou disponibles. Il est possible de les acquérir pour les remettre en valeur et les cultiver. Il y a certainement de la place pour tous. Pas besoin de vouloir pénaliser les fermes existantes à la faveur de l'accès aux terres pour la relève.

Il est cependant essentiel que le gouvernement investisse davantage dans l'aide à la relève agricole, que ce soit dans un contexte d'établissement, de formation, d'accompagnement ou de transfert d'entreprise. Certains leviers comme le FIRA (Fonds d'investissement pour la relève agricole) existent et peuvent être bonifiés, alors que d'autres demeurent à créer.

Forcer l'accès aux terres ne garantit en rien la pérennité des entreprises. Il faut voir beaucoup plus loin.

Que l'on soit pour ou contre des projets visant l'acquisition de vastes terres agricoles, nous devons bien réfléchir aux conséquences des choix à venir dans ce dossier sur la pérennité des fermes existantes et des libertés des producteurs.

Jacques Cartier

Président du Conseil des entrepreneurs agricoles du Québec

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