Des alternatives s'imposent

Alain Saladzius... ((Archives))

Agrandir

Alain Saladzius

(Archives)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Quotidien

Il est paradoxal que le gouvernement relance des projets qui ne répondent pas aux besoins énergétiques du Québec, ni au développement durable, mais qui visent seulement à soutenir l'économie des régions. Cet objectif est insuffisant pour justifier le saccage de notre patrimoine.

Le gouvernement balaie du revers de la main les surplus considérables d'électricité dont dispose Hydro-Québec jusqu'en 2027. Le seul argument de développement régional peut-il justifier la relance des projets abandonnés et remboursés, dont celui de la 11e chute sur la rivière Mistassini ?

On ne peut parler de développement durable avec de petites centrales qui ne créent pas d'emplois permanents et qui détruisent les écosystèmes. On parle plutôt de création d'une richesse (économique) pour certains, avec un mode de redistribution répondant aux visées des élus. Cette situation soulève une importante question d'iniquité interrégionale.

Il s'agit de revenus accessibles pour quelques favorisés, ceux qui ont la chance d'avoir une chute ou une rivière sur leur territoire, avec des bénéfices assurés pour certains consultants et entrepreneurs (les cas d'irrégularités dans l'octroi des contrats foisonnent d'ailleurs). Les retombées du développement énergétique doivent pourtant bénéficier à tous les Québécois.

Nous croyons que les initiatives régionales doivent être soutenues. Nous proposons même certaines alternatives de soutien à ce développement sans pour autant hypothéquer le potentiel de nos rivières.

Hydro-Québec dispose de 35 304 MW de capacité et les producteurs privés d'un autre 3 789 MW pour un total de 39 093 MW. Ces installations produisent 195 térawattheures d'énergie. Une simple majoration de 0,1 ¢/kWh de la redevance annuelle versée au gouvernement (actuellement de 0,37 ¢/kWh) suffirait à dégager un revenu de 195 M$ par année. Une partie pourrait être dédiée à des solutions réellement durables et au bénéfice de tous.

Un Fonds de développement régional autonome ainsi financé, impliquant notamment les MRC ou organismes comme la Société de l'énergie communautaire du Lac-Saint-Jean, par exemple, pourrait soutenir des projets procurant une meilleure création d'emplois régionaux : programmes en économie ou efficacité énergétique, solaire passif, éolien, récupération des gaz à effet de serre, bio-méthanisation, biomasse, solaire photovoltaïque, géothermie, etc.

Au contraire, la relance des projets conduit vers une option coûteuse : Hydro-Québec paiera 8,28 ç/kWh en 2014, montant ensuite indexé annuellement, pour acheter de l'électricité à perte. Elle paiera de plus les frais de transport, de distribution et d'emmagasinement pour un coût additionnel de 4 ç/kWh, soit un total d'environ 12 ç/kWh. En raison des surplus actuels et des bas tarifs à l'exportation ou à de nouveaux projets de grande puissance, Hydro-Québec perdrait ainsi plus de 610 M$ en 20 ans avec ces projets.

Est-il vraiment nécessaire de détruire nos milieux de vie pour créer et redistribuer équitablement une richesse qui peut être créée avec de saines économies et une meilleure efficacité ?

Alain Saladzius

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer