Un atout pour le Québec

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Patrick Déry

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Le Quotidien

Peu de temps après son accession au pouvoir, le gouvernement Couillard a relancé un programme de mini-centrales hydroélectriques antérieurement aboli par le gouvernement Marois.

À l'époque, seul le projet de Val-Jalbert avait résisté au couperet mais avait subi les foudres de la plupart des environnementalistes du Québec. Malgré toutes ces volte-faces, un calme relatif est revenu, propice à revoir certains éléments du débat.

Au printemps 2011, sous le gouvernement Charest, le Groupe de travail sur le milieu rural, comme producteur d'énergie, sous la présidence de Gilles Potvin, remettait au ministre des affaires municipales, des régions et de l'occupation du territoire (MAMROT) de l'époque M. Laurent Lessard, son rapport intitulé «L'énergie renouvelable: source naturelle de succès pour le développement rural». Ce rapport mettait déjà en lumière les conditions gagnantes pour un développement harmonieux de l'énergie en région notamment pour les mini-centrales hydroélectriques. Il stipulait entre autre que les très faibles retombées socioéconomiques lors de la phase d'exploitation des mini-centrales privées suffisaient pour exiger un contrôle et une propriété à 100% communautaires. Le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec (Commission Mousseau-Lanoue), commandée par le gouvernement Marois, allait aussi en ce sens sur la question de la propriété de ces ouvrages.

Désormais, cette approche d'énergie communautaire fait pratiquement l'unanimité quoiqu'il y ait encore des questionnements sur le fait que la ressource ainsi employée ne bénéficie qu'aux communautés ayant des potentiels hydroélectriques sur leur territoire et pas à l'ensemble de la population québécoise. Dans une situation économique régionale difficile, est-ce si grave que cela bénéficie à ceux qui en ont le plus besoin?

Un élément essentiel de l'argumentaire des opposants aux mini-centrales était que celles-ci coûteront très cher à la société québécoise déjà en surplus de capacité de production électrique pour au moins une décennie. Les estimations avancées sur les pertes économiques hypothétiques occasionnées par la filière des mini-centrales doivent être revues, le contexte ayant grandement évolué depuis. En effet, il semblerait que la production de gaz de schistes soit sur le point d'entamer son déclin faute de prix suffisants pour en rentabiliser l'exploitation. Il faut se rappeler que la flambée de production des gaz de schistes a engendré une chute des prix du gaz naturel sur l'ensemble de l'Amérique du nord. Cette flambée a eu, à son tour, un impact négatif considérable sur l'intérêt des grands réseaux électriques du nord-est américain à acheter de l'électricité provenant du Québec puisqu'une grande part de leur production électrique découle de centrales au gaz naturel.

En conséquence, il est possible que l'exportation d'électricité vers nos voisins redevienne intéressante d'un point de vue économique dans un avenir plus rapproché qu'anticipé dernièrement. D'autre part, la transition énergétique, essentielle pour répondre au défi des changements climatiques de l'ensemble de l'Amérique du Nord, exigera la substitution des combustibles fossiles pour la production d'électricité par de l'électricité issue de sources renouvelables. L'hydro-électricité du Québec pourrait devenir indispensable dans ce contexte. De cette façon, les surplus appréhendés d'Hydro-Québec pourraient fondre comme neige au soleil, à moins d'une crise économique majeure.

Pour répondre à ces besoins accrus, la contribution des mini-centrales constituent un atout pour le Québec considérant leur coût de production, inférieur à la grande hydraulique et à la grande éolienne, et leur durée de vie très élevée. Il est indéniable que ces ouvrages ont des impacts environnementaux et sociaux importants qui doivent faire l'objet de l'acceptabilité sociale des milieux concernés ainsi que d'une planification exemplaire d'un point de vue environnemental. Le projet de mini-centrale hydro-électrique communautaire de Val-Jalbert, seul survivant du dernier appel de propositions, constitue, en ce sens, un projet précurseur.

Patrick Déry

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