Devinci: innovation

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Comme dans le «Blues du businessman», Félix Gauthier passe une bonne partie de sa vie en l'air, entre Londres, Washington et autres métropoles, pour faire des affaires. Mais contrairement au personnage imaginé par Luc Plamondon, il ne fait pas la grosse vie et il est heureux.

Car depuis le succès international remporté par le BIXI, le jeune PDG de Cycle Devinci multiplie ses déplacements. Ses vacances sont perpétuellement perturbées par des événements incontournables. Comme cette visite tout à fait inattendue du ministre d'État Denis Lebel, la semaine dernière, à la PME chicoutimienne. Le député de Roberval et titulaire pour le Québec de Développement économique Canada venait annoncer un prêt sans intérêt de 152 800$.

Chaînes d'assemblage

Ce filet de sécurité accordé par Ottawa provoquera un investissement d'un demi-million de dollars dans l'installation d'une deuxième chaîne de fabrication. L'entreprise pourra ainsi passer de 500 à 1000 unités par semaine dans l'assemblage et l'expédition du BIXI adapté aux marchés d'exportation. Elle s'applique présentement à exécuter l'entente conclue avec Londres. Après Montréal et la capitale du Royaume-Uni, ce sont Washington, Minneapolis et Melbourne qui ont commandé des vélos libre-service à Cycle Devinci.

14 000 exemplaires provenant de chez nous rouleront sur des routes étrangères au cours des prochains mois. D'autres s'ajouteront. Boston manifeste notamment son intérêt. Pourquoi cet engouement pour les produits Devinci? «Nous offrons la meilleure qualité-prix», résume Félix Gauthier. La compétition est féroce. Les Américains, les Européens et les Asiatiques ne cèdent pas un pouce de terrain.

La valeur ajoutée

Et les facteurs varient quotidiennement. Comme la valeur de notre devise, par exemple. À l'époque où elle oscillait entre 50% à 75% du dollar américain, les produits canadiens étaient plus alléchants sur les marchés d'exportation. Maintenant qu'il a rejoint le dollar US, notre Huard impose à notre industrie d'exportation l'obligation d'offrir des avantages supérieurs indiscutables pour devancer la concurrence.

La réussite de Devinci est attribuable à la conjugaison de plusieurs éléments, dont l'innovation. Dommage que notre ministre québécois du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, ne manifeste pas autant de curiosité que son collègue fédéral à l'endroit de la PME située en région. Car malgré les distances des grands marchés de consommation et les préjugés tenaces, elle vend ses produits partout dans le monde comme Cycle Devinci et l'équipementier STAS.

Le ministre Gignac, un économiste de renom qui a notamment rempli des missions importantes au Mouvement Desjardins et à la Banque Nationale avant d'entrer en politique, vient de proposer aux entrepreneurs québécois d'accentuer leur virage vers l'innovation. Dans le document transmis tout juste avant les vacances parlementaires, il indique sa volonté d'appuyer «la commercialisation de vos innovations et l'émergence de nouvelles entreprises technologiques». Son ministère distribuera des bourses d'excellence et défraiera des stages en milieu de travail aux étudiants universitaires.

De -40 à +80

Dans son énumération des centres d'innovation, le ministre paraît oublier que l'excellence se développe aussi en région éloignée. Nos PME qui s'envolent vers le succès sur les ailes de l'innovation seraient sans doute heureuses de lui en fournir la preuve. Des vérifications sur le terrain peuvent s'avérer très instructives entre deux campagnes électorales.

Quand Félix Gauthier a acquis Devinci en 1987, l'entreprise était en faillite. Le jeune entrepreneur est donc parti, comme il le rappelle avec un sourire taquin, de moins 40 emplois pour parvenir, avec une équipe dynamique et compétente, 20 ans plus tard, à générer, en moyenne, plus de 80 emplois dans la fabrication d'un produit à la fine pointe de l'innovation. Un résultat que le ministre Gignac aimerait sans doute rendre épidémique.

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