Un saut dans l'arène électorale

André R. Gauthier, du Mouvement Chicoutimi-Saguenay.... (Le Quotidien, Michel Tremblay)

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André R. Gauthier, du Mouvement Chicoutimi-Saguenay.

Le Quotidien, Michel Tremblay

 

Normand Boivin
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Ragaillardi par sa victoire en Cour supérieure dans la poursuite que lui avait intentée le conseiller Jacques Fortin, le Mouvement Chicoutimi-Saguenay a repris du poil de la bête et entend se bagarrer sur un deuxième front en 2012. Non seulement il va continuer la lutte pour «réparer l'erreur historique» qui a permis de baptiser la nouvelle ville Saguenay, mais il entend également se lancer dans l'arène électorale pour sortir les conseillers qui n'ont pas levé le petit doigt depuis 10 ans pour défendre le nom de Chicoutimi.

Non, Chicoutimi-Saguenay ne deviendra pas un parti politique, mais il prêtera main-forte à l'organisation qui se sera donné le mandat de «faire le ménage à l'hôtel de ville».

«Nous n'avons jamais été un mouvement politique. Mais la politique, c'est elle qui nous a attaqués, a plaidé son président André R. Gauthier. Quand on met une pétition en ligne pour demander à un conseiller de remettre un terrain et que celui-ci réplique en nous poursuivant pour 450 000$, c'est une attaque politique. On est dedans, et on va se battre.»

Les mines étaient réjouies hier soir lors de l'assemblée générale annuelle du mouvement. Même si la saga judiciaire laisse un trou de plus de 45 000$ dans ses finances, les membres se sont montrés reconnaissants envers leur président et lui ont réservé une ovation pour le féliciter d'avoir enduré tout ce stress pour défendre le fort de la démocratie. «L'enjeu était important, car si nous avions perdu, c'est notre droit de parole qui serait aussi disparu», a rappelé André R. Gauthier qui, en remportant sa cause, a sauvé la peau de Christian Joncas, de Laval Gagnon et du Parti Vision nouvelle qui étaient également poursuivis.

«Notre prochain défi, maintenant, c'est de combler ce déficit de 45 000$», a lancé le président réélu, avouant qu'il a commis une erreur, il y a 10 ans, alors que son mouvement comptait 8400 membres. «Nous ne pensions pas que nous devrions durer si longtemps et nous n'avons pas renouvelé notre membership. Il faut se reprendre et aller chercher de nouveaux membres pour assainir nos finances et avoir les moyens de mener une lutte électorale.»

Là-dessus, André R. Gauthier refuse toujours de s'engager à disputer le poste de maire à Jean Tremblay. Mais contrairement à il y a 10 ans, il ne ferme plus complètement la porte.

Facture

Au total, la poursuite en dommages et intérêts de 450 000$ du conseiller Fortin a coûté 71 000$. Sur les 45 000$ qu'il reste à payer, le mouvement s'attend à un remboursement de 7000$ à 10 000$ de frais de cours que le poursuivant a été condamné de payer. S'ajoute environ 5000$ en dons que des citoyens ont faits depuis le début de 2012 pour aider à éponger la dette, une générosité stimulée, selon M. Gauthier, par un commentaire signé par la journaliste Catherine Delisle dans le Progrès-Dimanche. Le président du mouvement espère parvenir à tout rembourser d'ici deux à trois ans.

Quant à la raison d'être du mouvement, celui de ramener le nom de Chicoutimi pour la grande ville, André R. Gauthier n'a pu que se réjouir du fait que le maire lui-même trouve qu'il y a trop de «Saguenay» dans les noms des clubs sportifs et des organismes publics.

«On l'a dit dès le début; ça sème la confusion. Même les gens de l'extérieur déplorent la disparition de Chicoutimi», ajoute-t-il, citant l'anthropologue Serge Bouchard et l'animateur français Bernard Pivot.

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