L'abbé Gérald Linteau: un leader au grand esprit

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Gérald Linteau

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La plupart des gens terminent leurs lettres par le traditionnel «Mes salutations distinguées». L'abbé Gérald Linteau, lui, était créatif jusque dans ses signatures, pourrait-on dire. «Débloquons le présent.» C'est ainsi que l'homme du peuple terminait la plupart de ses envois. Et c'est ainsi qu'il agissait. Dans l'action, dans le présent, solidairement.

Gérald Linteau a tôt fait d'être reconnu comme un visionnaire. Il a initié et participé à la mise sur pied de la Maison des jeunes de Chicoutimi, de la Corporation Jeunesse diocésaine de Chicoutimi, du Village étudiant de Laterrière, du Domaine de l'amitié au Centre du Lac Pouce, de la Fondation du Lac Pouce, des Entreprises jeunesse, des Activités communautaires B-12, de la Librairie La Source, du comptoir vestimentaire Les Trouvailles... et plus encore.

Gérald Linteau était un leader avec un grand esprit entrepreneurial. Il est décédé subitement, le 6 juin, à l'âge de 72 ans. Il a laissé dans le deuil des milliers d'«orphelins». «Chacun était son ami. Tous se sentent aujourd'hui orphelins. Il savait faire en sorte que les gens se sentent importants. Il a eu une grande influence sur plusieurs étapes de la vie de nombreuses personnes», expliquent ses amies Marie-Annick Fortin et Thérèse Martin, qui ont accepté d'être porte-parole pour les centaines d'amis et connaissances de l'abbé Linteau, dans le cadre de l'octroi du titre de Personnalité du mois de juin 2016 à l'abbé Linteau.

Lorsque mesdames Martin et Fortin parlent de M. Linteau, elles utilisent abondamment les termes «spirituel», «avant-gardiste» et «homme d'action». «Certains disent qu'il était non conformiste. Je dirais plutôt créatif», souligne Mme Martin.

L'abbé Linteau démarrait des projets avec rien, littéralement. «Il avait espérance que ça fonctionne. Il comprenait son milieu. Il écoutait réellement et ne faisait rien seul. Il s'entourait énormément. Il rendait les gens autonomes. Il a aidé tellement de familles, tellement de gens. Il regardait les gens dans les yeux et croyait en eux. Il n'avait même pas besoin de parler.»

Gérald Linteau a été prêtre pendant 46 ans. Le Mouvement action catholique et sa devise «Voir, juger, agir» ont beaucoup teinté sa conception du sacerdoce.

«Il a toujours été inclusif. Il était capable de rejoindre les gens en marge de la société. C'est lui qui allait vers le monde. Il n'attendait pas que les gens aillent vers l'Église. Il agissait, agissait, agissait», soutiennent les deux dames.

Les nombreuses entreprises d'économie sociale qu'il a créées en sont de bons exemples. «Il a permis à tant de gens de retrouver leur dignité, de faire vivre leur famille. Comme son leadership était coopératif, collectif, ces entreprises vont lui survivre, je n'en doute pas. Il disait sans cesse: ''J'ai pas fait ça tout seul''.»

L'héritage de Gérald Linteau sera grand. Il a donné à plusieurs personnes l'espérance en l'Église. Dans les camps de vacances pour les jeunes, il a aidé des milliers d'enfants à développer des habitudes sociales, à s'approcher de la nature et à vivre des expériences positives.

C'est toutefois dans le coeur de nombreux Saguenéens et Jeannois que son héritage sera le plus présent. «Il nous aura donné le sentiment d'avoir été uniques, le courage de foncer, d'être actif en solidarité avec notre milieu.»

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